Facebook
Instagram
Dailymotion
Youtube
Newsletter

Coup d'oeil sur le catalogue

Agenda

Du côté des auteurs

Dessinateur et caricaturiste, Cham (1818-1879) n’est aujourd’hui pas oublié. On cite encore son nom pour deux raisons, mais qui n’ont rien de glorieux : il était, dès 1839, un des premiers plagiaires de Töpffer et il a redessiné sans trop de bonheur la version française de l’Histoire de M. Cryptogame du même Töpffer, parue en feuilleton dans L’Illustration en 1845. Mais à part cette double mention quasi rituelle, plus rien ne semble survivre de lui, comme l’attestent l’absence de toute biographie depuis près d’un siècle et demi et la quasi-impossibilité de trouver ses œuvres en librairie. Ce silence peut étonner, car Cham était de loin le dessinateur le plus prolifique et le plus populaire de son époque. On va jusqu’à lui attribuer plus de 40 000 dessins et pendant de très longues années il fut l’artiste le plus présent et le plus célébré du journal Le Charivari et de bien d’autres publications périodiques. Pour le grand historien britannique de la bande dessinée David Kunzle, auteur d’un double livre fondateur sur la bande dessinée du XVe au XIXe siècle, puis d’importantes recherches sur Töpffer et Doré, la mauvaise réputation de Cham est imméritée. L’ouvrage monumental qu’il vient de publier aux Presses universitaires du Mississippi (où paraissent aussi les traductions anglaises de Thierry Smolderen et de Thierry Groensteen) est à la fois une tentative de remettre Cham à sa juste valeur et donner un aperçu commenté de sa contribution essentielle à l’époque pionnière de la bande dessinée moderne. Extrait de la version colorisée de l’Histoire de M. Lajaunisse (1839) Superbement imprimées, les 566 pages de ce livre de très grand format (26,2 x 5,1 x 35,1 cm) se présentent comme un diptyque. On y trouve d’abord une partie comprenant des éléments biographiques et un ensemble d’analyses thématique, historique, visuelle et narrative, puis une généreuse anthologie axée non sur la caricature, l’activité principale de Cham, mais sur les séquences narratives, caractéristiques de la première moitié de sa carrière. Cette collection s’ouvre par l’édition facsimilé des 18 meilleurs récits graphiques de l’artiste, de M. Lajaunisse (1839), directement inspiré de Töpffer comme on le sait, à son chef-d’œuvre, l’adaptation satirique en 41 pages des Misérables de Victor Hugo (1862-1863). Elle se complète par une série d’annexes où David Kunzle donne un résumé illustré des narrations jugées mineures. L’ambition du livre est de faire voir, mais aussi de faire comprendre l’intérêt et l’originalité de l’œuvre narrative de… Lire la suite

Lire un extrait