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Décidément je t’assassine

Domaine(s) :
Collection :
ISBN : 978-2-87449-089-7
Format : 14.8 x 21 cm
Pagination : 144 pages
Prix : 13€
Parution : mars 2010

« Ce n’est pas assez que tu sois morte. Il faut vider. Fouiller les tiroirs. Inspecter les étagères. Chaque matin, je me rends dans ta maison. Je reste jusqu’à la nuit. Boîte après boîte, classeur après classeur, je décime le passé. »

Corinne Hoex

Une femme accompagne sa mère à l’hôpital et assiste à ses derniers jours, espérant en vain jusqu’au bout que quelque chose se dise, une parole d’amour. Cette attente déçue laisse la narratrice à la douleur de perdre ce qui n’a pas été. Restée seule, elle vide la maison de sa mère, explorant le passé, grappillant des traces, cherchant sa présence dans un vêtement, une photo, un poudrier, un jeton de casino, des gants noirs, un brin de muguet séché, de vieux patins à glace, ces choses qui demeurent quand la vie est partie, ces choses grâce auxquelles la narratrice, enfin, a accès à sa mère, et dont il est indispensable, néanmoins, qu’elle se débarrasse pour découvrir peu à peu un singulier sentiment de liberté. Le manque irréparable la conduira peut-être à une autre naissance, celle qu’elle-même s’accordera.

Un roman tout en émotion contenue. Une expérience intime, relatée avec pudeur. Un saisissant huis clos mère-fille. Des appels d’amour sans cesse déçus. Des réponses qui ne sont jamais les réponses espérées. Une mère indifférente, inaccessible, que la maladie puis la mort mettent enfin à portée de sa fille. Malgré la cruauté du propos, son cynisme quelquefois et sa lucidité, émane de ce récit une forme de tendresse. Car, paradoxalement, son ton est empreint d’un sentiment d’admiration pour le personnage radical et sans concessions de la mère. Cette mère qui se bat, avec ses moyens dérisoires – les mots croisés, la télévision –, jusqu’à la fin.

  • Prix Marcel Thiry en 2010
  • Finaliste du Prix Émile Bernheim du roman en 2010
  • Finaliste du Prix Rossel des jeunes en 2010
  • Prix des lycéens du roman doux-amer en 2011

Rencontre avec l’auteur chez Filigranes (Bruxelles)

 

Présentation du livre par Eric Brucher chez Filigranes (Bruxelles)

Le Bibliothécaire

« Le lexique de Corinne Hoex est d’une grande précision. Les atmosphères, soit à la maison, soit à la clinique, sont saisies sur le vif. […] le lecteur pénètre dans l’intimité d’une famille. Et il est lui-même initié à ce combat inéluctable, où il sera toujours vaincu, entre la vie et la mort, le fini et l’infini, le visible et l’invisible. »

Émile Kesteman, Le Bibliothécaire n° 1, 2010

La Revue générale

« Corinne Hoex poursuit ici le thème déjà abordé dans Le grand menu, et dans Ma robe n’est pas froissée (deux romans publiés, comme celui-ci, par Les Impressions Nouvelles), à savoir la blessure dont ne se relèvera jamais un enfant élevé sans amour. Deux romans bouleversants, mais l’est peut-être encore davantage ce Décidément je t’assassine, où tente de s’ébaucher un dialogue ultime entre la fille mal aimée et la mère qui se meurt. […] En des phrases courtes, presque hachées parfois, étincelantes, superbes, elle dessine à la pointe fine le portrait de cette battante. »

France Bastia, La Revue générale n° 5, 2010

Vers l’avenir

« Le style est simple, direct, juste, sans fioriture. »

Michel Paquot, Vers l’avenir, février 2010

Indications

« Dans un style littéraire dense, sec, […] Décidément je t’assassine est un livre magnifique sur la désillusion dominée par cette soif irrépressible de devenir soi. »

Gilles Martin, Indications, février 2010

Culture ULG

« L’émotion transparaît dans les interstices, dans les non-dits, dans les silences. Bref, une réussite dans ce qui apparaît comme un genre littéraire en soi, celui du deuil. »

Michel Paquot, Culture ULG, 25 février 2010

Nos Lettres

« Comment accomplir pareil travail de deuil quand la communication non seulement s’est interrompue, mais surtout n’a jamais eu lieu ? […] le très beau roman de Corinne Hoex dans sa description quasi clinique, si proche de celle que nous sommes tous amenés à vivre quand nous quitte définitivement notre père ou notre mère, ne nous amène-t-il pas à jeter, nous aussi, un regard dans notre propre rétroviseur ? »

France Bastia, Nos Lettres, mars 2010

Nos Lettres

« Le ton est fort. Âpre. Blessé. Il résonne haut, nous prend à la gorge, ne nous lâche plus. Tout se déverse, une fille parle des derniers jours de sa mère, tente de regarder en face ce qui fut et ce qui ne fut pas. Les traces du passé se traquent, se liquident et finissent dans des sacs poubelles. […] Un ouvrage sans concession (qui) dissèque l’enfance, compte les failles, les manques, chiffres et photos à l’appui, cris et colères mis en sourdine, le désespoir n’en jaillit que plus fort, Hoex n’use d’aucun effet de pathos et c’est ce qui rend son histoire tellement impressionnante. Pleurer n’est pas émouvoir, l’auteur le sait, et le ton implacable, presque détaché, est bien sa plus grande force. […] très beau roman, témoin d’une blessure sans appel. »

A.-M. Hamesse, Nos Lettres, mars 2010

La Dernière Heure

« Les mots de Corinne Hoex, en poème ou en roman, trahissent une sensibilité à fleur de pages. Décidément je t’assassine immortalise une expérience intime, celle, irréparable, du départ vers ailleurs d’une mère. »

Guy Bernard, La Dernière Heure, 4 mars 2010

Webradio Espace Livres (Demandez le programme)

« Le roman se partage en deux mouvements : l’un accompagne la mère dans l’hôpital jusqu’à l’agonie et la mort ; le second conduit la fille à explorer la maison de la défunte et à reconstituer la mémoire d’un amour filial impossible. […] Avec l’efficacité sidérante de l’écriture elliptique dont Hoex est une orfèvre, le lecteur est saisi à la gorge et d’emblée placé au milieu de cet affrontement d’autant plus effroyable qu’il est muet sur l’essentiel. […] Un très grand roman qui démontre, si besoin était, combien l’écriture peut aller à l’essentiel de l’humain, jusqu’au plus intime, avec la force qui conduit le lecteur à une empathie totale avec les protagonistes de cette tragédie du silence. »

Edmond Morrel, Webradio Espace Livres, 24 mars 2010

Écouter la rencontre et lire l’article complet sur le site de Espace Livres

Le Soir

« Ce qui bouleverse dans ce roman, c’est l’absence de lyrisme, de romantisme, de pathos. L’écriture n’est jamais engrossée par un excès quelconque. Pas de graisse dans ce livre. De l’os, rien que de l’os. Le scalpel de l’écrivain légiste a gratté tout le superflu et n’a laissé que le quotidien, les gestes, les objets, les paroles, celles qui sont dites et celles qui ne le sont pas. »

Jean-Claude Vantroyen, Le Soir, 26 mars 2010

Lire l’article complet sur le site du journal Le Soir

La Libre Belgique

« Des mots. Secs. Nets. Rugueux. Qui montrent, appellent, interpellent. Des phrases cruelles, implacables. On est dans le trait sans bavure. Rien de trop. Juste l’essentiel. L’émotion est là, pourtant. Mais retenue. La nudité du propos ne parvient pas à écarter la violence des sentiments. Ceux que l’on tend. Ceux que l’on guette. Ceux que l’on tait ou a tus trop longtemps. C’est un livre terrible, troublant sous la glace et brûlant comme un alcool fort. On ne peut qu’en être ébranlé. »

Monique Verdussen, La Libre Belgique, 29 mars 2010

Lire l’article complet sur le site de La Libre Belgique

RTBF – La Première (Par Ouï-Dire)

« Corinne Hoex est un des vrais talents que compte la littérature belge d’aujourd’hui. Avec une plume acérée, elle traque, en peu de mots, l’univers familial dans toute sa complexité qu’elle convoque à table depuis son premier roman Le grand menu jusqu’au lit d’hôpital qui est le décor du dernier livre qui vient de paraître : Décidément je t’assassine (Impressions Nouvelles). Une mère qui ignore tout de l’affection communément acquise entre mère et fille rejette tous les gestes d’offrande de sa fille en même temps qu’elle exige sa présence. Une partition époustouflante sur la fidélité filiale et un réel bonheur de lecture. »

Pascal Tison, « Les mercredis où l’on dit » (La Première – Par Ouï-Dire), 31 mars 2010

Uccle chez vous

« [Un] roman âpre, fait de brefs chapitres et de phrases courtes qui traduisent une expérience amère, parfois désespérante, avec en filigrane un hommage funèbre à l’énergie. L’Uccloise Corinne Hoex semble clore ici un cycle familial troublant et perturbant à bien des égards. »

Charles-Antoine de Trazegnies, Uccle chez vous, avril 2010

Regards

« On y retrouve les qualités d’écriture qui sont la marque de Corinne Hoex : l’extrême sobriété, la pudeur, la suggestion. […] C’est écrit comme un constat, sans le moindre commentaire. C’est impitoyable de justesse, de talent. »

Henri Raczymow, Regards, avril 2010

Antipode (Chronique littéraire)

« Un roman dépouillé et dur présentant le portrait d’une mère à travers le deuil de sa fille. Et autant le dire d’emblée, au-delà de l’intérêt du propos, c’est véritablement l’écriture qui inscrit Corinne Hoex comme une des voix les plus percutantes de nos lettres belges : diamantaire et bouleversante. […] Encore une fois, comme dans ses deux précédents romans, Corinne Hoex explore magistralement la violence dans les rapports parents-enfants. Un livre dont la brièveté révèle un travail d’écriture de grand dépouillement pour arriver jusqu’à l’épure, celle de la plus précise sentence, celle qui fait résonner en nous son écho bouleversant. Car il faut lire le texte à voix haute pour en entendre toute la secouante force expressive. »

Éric Brucher, Antipode (Chronique littéraire), avril 2010

Blog Lire est un plaisir

« La narratrice […] accompagne sa mère jusqu’au tombeau, […] et le compte rendu qu’elle dresse de cette disparition annoncée est aussi celui, minute par minute, de l’anéantissement de sa propre quête de reconnaissance affective. […] À la description de la mort maternelle succède […] l’inventaire des biens que lui laisse la défunte, innombrables madeleines de Proust ressuscitant une tristesse jamais éteinte. »

Bernard Delcord, Blog Lire est un plaisir, 6 avril 2010

Lire l’article complet sur le blog Lire est un plaisir

Belgian in Paris

« Dans le cadre du festival Textes et Voix, l’actrice Marie-Christine Barrault lira […] des extraits du nouveau roman de Corinne Hoex. […] Les nuances romanesques dépourvues de pathos de ce huis clos mère-fille et le vrai talent d’écriture dont fait preuve Corinne Hoex, encore une fois, impose de toute évidence Décidément je t’assassine comme un roman intimiste brillant, troublant et d’une richesse émotionnelle, tout en retenue et en puissance. Bouleversant. »

Belgian in Paris, 8 avril 2010

Terres Nykthes

« Une femme vient de perdre sa mère. Elle revient brièvement sur la maladie, l’agonie puis la mort à l’hôpital. Il faut ensuite ranger la maison de la défunte. […] Surtout ne rien laisser traîner. Ne pas laisser sa vie ressembler à ce fond de sac où sont restés collés de vieux bonbons mêlés à des bouts de papier flétris… Et comme s’il fallait, par ce texte-épître, parvenir à se déprendre de cette mère en faisant la part juste de l’amour et de l’exécration qu’elle a inspirés. […] il y a cette écriture épurée à l’extrême qui ne raconte ni ne décrit,  qui agence les mots sur la page de telle manière que rien, ni virtuosités syntaxiques, ni figures de style, ne s’interpose entre le perçu de la narratrice et l’eprit du lecteur. S’opère ainsi une transmission directe de sens et d’émotion. […] Corinne Hoex procède par éclats de mots, de petits éclats acérés qui viennent frapper ce que l’on porte en soi de plus intime. »

Isabelle Roche, Terres Nykthes, 15 avril 2010

Lire l’article complet sur le blog de Terres Nykthes

Reflets

« Corinne Hoex s’engage à nouveau dans des sentiers difficiles. […] D’emblée, le style est incisif, comme s’il s’adressait à un adversaire avec lequel se joue une compétition. […] Sous la lumière crue d’une chambre d’hôpital, au chevet d’une mère en fin de vie, les rapports mère-fille vont se dévoiler. […] C’est peut-être dans cette aptitude à tenir chacune son rôle que se cache la plus grande connivence entre mère et fille, que tout semble opposer dans la vie réelle. […] Un ton distancié, un dépouillement du style. […] Une plongée dans les sous-sols de la pensée. »

Dominique Aguessy, Reflets, avril-mai-juin 2010

Le Carnet et les Instants

« Titre saturé d’amertume et de douloureuse ironie. […] Blessure très ancienne et à jamais sensible. Celle d’un manque majuscule dont la volonté de s’affranchir n’efface pas les cicatrices. »

Ghislain Cotton, Le Carnet et les Instants, avril-mai 2010

Imagine

« Au décès de sa mère, une femme fait le bilan de la relation qu’elle a eue avec elle. Brimades, distance, rejet, domination, rien ne lui aura été épargné. Le temps est venu de revivre, et une fois achevé l’indispensable travail de mémoire, de faire table rase du passé. »

Thierry Detienne, Imagine, mai-juin 2010

L’Écho

« Au nom de la mère, de la fille et de l’esprit frappeur. En trois sets, Corinne Hoex a joué la partie de l’enfance, de l’adolescence, de la vie adulte. Game over. […] Rien ici d’inutile, une accumulation de faits économes, classés, répertoriés pour inventaire. Mais par-dessous, en contrebande, serpente la vie, l’humour de Corinne Hoex, sa chaleur, son intelligence, sa gourmandise […]. Ce roman met en scène des personnages dignes de Danse de mort de Strindberg ou d’un Ingmar Bergman dont on aurait ôté les cris et les chuchotements. Ici, tout s’est joué en coulisses. […] Corinne Hoex entre, sur des patins, dans cette existence, elle relève la grâce d’une branche de magnolia contre la vitre, capte les gestes, les corps, l’espace infranchissable. L’émotion naît de ces ratés, du non-dit, et là seul est le sensible, dans le regard porté sur ce qui n’est pas, et dans l’excuse d’une fille d’être si peu appropriée à sa parentèle. Le dialogue à une voix, adressé à la disparue, met encore la mère au centre, sans relâche, il consigne, ne dit qu’à peine l’attente, enfin, un “nous” qui ne vient pas. »

Sophie Creuz, L’Écho, 12 juin 2010

Lire l’article complet sur le site de L’Écho

Encres vagabondes

« Décidement je t’assassine est un livre sur le deuil mais c’est aussi l’histoire d’une quête […]. Par ses déambulations dans la maison reçue en héritage, par le tri des objets qui la ramènent à un passé, la narratrice tente d’apprivoiser et de reconstruire son histoire. […] C’est ce parcours accompli, cette prise de conscience qui lui permettront d’avoir accès à sa mère puis de s’en séparer pour acquérir une nouvelle liberté. »

Enora Bayec, Encres vagabondes, 16 juin 2010

Lire l’article complet sur le site de Encres vagabondes

Liberty TV

Corinne Hoex se prête au jeu de l’entretien avec Brice Depasse à propos de son nouveau roman pour Liberty TV, le 23 juillet 2010.

Voir la rencontre sur le blog Lire est un plaisir

Femmes d’aujourd’hui

« Corinne Hoex possède la grâce d’un grand chef : elle fouette un sujet douloureux – l’agonie et la mort d’une mère – pour en faire une émulsion presque légère, tout en ciselant la langue avec maestria. On n’en attendait pas moins de l’auteure du Grand Menu (récemment réédité aux Impressions Nouvelles). L’ensemble de son oeuvre romanesque et poétique mérite bien trois toques. »

Myriam Berghe, Femmes d’aujourd’hui, 28 juillet 2010

Nos Lettres

« Une oeuvre opiniâtre, courageuse, loin des sentiers battus. Un minimalisme distancié. […] Dominique Aguessy, la présentatrice, insiste sur la concision du style. […] Des phrases courtes, martelées, qui sont un peu la signature de Corinne Hoex. […] Une remarquable unité dans la tension, de livre en livre. »

Joseph Bodson, Nos Lettres, août-septembre 2010

Marathon des mots

« Un récit bouleversant, servi par le grand talent de Marie-Christine Barrault, familière de l’œuvre de Corinne Hoex. »

Marathon des mots, octobre 2010

Femmes d’aujourd’hui

« On vous a déjà dit tout le bien que l’on pense de Décidément je t’assassine, le dernier récit de notre compatriote Corinne Hoex, qui retrace l’agonie d’une mère, fière et impitoyable, jusqu’au bout du bout. Nul doute que, lu par Marie-Christine Barrault, ce texte infiniment sensible prendra des résonances plus poignantes encore. »

Myriam Berghe, Femmes d’aujourd’hui, octobre 2010

La Libre Belgique

« Samedi après-midi au Botanique [lors du Marathon des Mots], Marie-Christine Barrault lisait Décidément je t’assassine de Corinne Hoex. La maladie, la mort et la perte d’une mère composent le dernier roman de l’écrivaine belge. Au cœur d’une famille bruxelloise qu’on croit deviner bourgeoise, Marie-Christine Barrault livre avec une voix renforcée par un accent un brin aristocrate une lecture qui colle au texte. »

La Libre Belgique, 11 octobre 2010

Le Soir

« [Un] roman bouleversant, dans une langue tranchante. »

Le Soir, 19 novembre 2010

Culture ULG

« Historienne de l’art, documentaliste, chercheuse et enseignante, la Bruxelloise Corinne Hoex figure en bonne place dans le paysage de la littérature belge depuis la parution en 2001 de son premier roman, Le grand menu, qui a fait une entrée remarquée en littérature. […] Corinne Hoex recevra ce soir le prix Marcel Thiry pour Décidément je t’assassine (2010), sa dernière publication. Relatant la maladie, la mort puis le deuil de la mère, ce livre partage avec les précédents une même veine intimiste. Mais s’il y est toujours question de distance affective, une certaine complicité naît du duo complémentaire que jouent la mère et la fille dans le huis-clos de la chambre d’hôpital […]. Dans ce roman d’une grande maturité transparaît une tonalité tout en contraste, et l’ironie […], à l’image du titre, se situe plutôt entre exaspération, culpabilité et amertume. La langue est simple, directe, plus ciselée que jamais. Extrêmement efficace. […] La fragmentation du texte, découpé en une multitude de moments suspendus relatés au présent, accélère le temps de la maladie tout en y autorisant l’intrusion anachronique de souvenirs passés. Lorsque, en période de deuil, la narratrice vide la maison de sa mère, l’écriture fragmentaire accentue par ailleurs la démarche proche de l’inventaire à laquelle elle soumet ses souvenirs, un inventaire destiné à liquider. »

Anne-Laure Hick, Culture ULG, décembre 2010

Le Carnet et les Instants

« L’auteure de Décidément je t’assassine vient d’obtenir le Prix Marcel Thiry. L’édition 2010 couronne une écrivaine dont l’œuvre se caractérise par la cohérence d’un univers douloureux mais sans pathos, soutenu par une écriture à la fois distanciée et poétique. Déjà primée à plusieurs reprises, Corinne Hoex voit se confirmer de livre en livre la reconnaissance de son talent. »

Le Carnet et les Instants, janvier-février 2011

Wolvendael

« Corinne Hoex vient de recevoir le prix Marcel Thiry pour son Décidément je t’assassine (éd. Les Impressions Nouvelles). Comme pour ses deux premiers livres (Le grand menu et Ma robe n’est pas froissée), les difficiles relations mère-fille en forment la trame. Mais l’enfance est loin, il s’agit ici presque d’un reportage, détaché et déchirant à la fois, sur les derniers moments d’une mère qui refuse jusqu’au bout de s’avouer vaincue par la maladie […]. Dans sa dureté, la mère est elle-même victime de son incapacité à exprimer ses sentiments, sa fille ne nouera pas avec elle le contact qu’elle espérait. Et il lui faudra vider tout cela symboliquement, tout en vidant la maison, pour accepter ce qui n’a pas été dit. le besoin de faire ce deuil si difficile, traduit en mots simples et qui nous touchent tous, confirme une véritable écrivaine de talent. »

Stève Polus, Wolvendael, février 2011

Le Soir

« Même quand elle écrit des romans, comme Ma robe n’est pas froissée ou Décidément je t’assassine, Corinne Hoex fait de la poésie. Elle coupe, elle tranche dans la graisse des mots, elle va jusqu’à l’os, elle épure sa langue à vif. Elle ne laisse que la toute puissance des mots, du son, du sens. »

Jean-Claude Vantroyen, Le Soir, 2 août 2011

Le Carnet et les Instants

« Corinne Hoex, qui avait déjà exploré la problématique des liens familiaux dans deux romans précédents, aborde elle aussi la mort et relate l’apprentissage du deuil, du manque, de la perte dans Décidément je t’assassine […] Ce vécu de l’après, du deuil est évidemment inséparable chez elle de ce qui a précédé : une relation difficile pour ne pas dire manquée. Ici, en effet, la douleur est d’autant plus éprouvante qu’elle s’accompagne du regret poignant de ce qui n’a pas été […] La narratrice cherchera donc dans l’héritage les traces de ce qu’elle aurait voulu recevoir du vivant de sa mère. Fouiller, inspecter, c’est aussi avec l’espoir de comprendre, de trouver une explication, de corriger peut-être le passé. »

Jeannine Paque, Le Carnet et les Instants n° 169, décembre 2011-janvier 2012

Blog de la revue Sarrazine

« Cette nuit et ce matin j’ai lu cette implacable narration de la mort de la mère […] d’une grande justesse. Hôpital, cancer très près des menus plaisirs de la fin d’une maman tyrannique, mais qui va mourir en inspirant encore l’air du monde qu’elle a ardemment consommé. […] Corinne Hoex écrit un récit serré, juste et triste jusqu’à la fin tenu d’une main de maître […] Du bel ouvrage mais on reste saisi. »

Paul de Brancion, Blog de la revue Sarrazine, 16 janvier 2012

Kaïros

« “Maman !”… existe-t-il un mot plus doux ? Pourtant les relations mères-filles sont souvent compliquées, dures et teintées de bien des ambivalences. Corinne Hoex, romancière, poète et historienne de l’art, saisit le lecteur à la gorge et le place d’emblée au cœur d’une expérience intime et d’un saisissant huis clos entre une fille et sa mère.
Ce roman bouleversant se divise en deux temporalités :
1° Avant la mort. Une femme accompagne sa mère douloureuse à l’hôpital, la relation qu’elles entretiennent est plus empreinte de hiérarchie et de distance que de tendresse et de complicité. Le verdict tombe : phase terminale d’un cancer du pancréas. La fille impuissante va assister sa mère dans l’attente d’une parole d’amour et espérant en vain jusqu’au bout que quelque chose d’essentiel puisse se dire. La mère indifférente, inaccessible, occupée exclusivement par le scrabble, les mots-croisés et la télévision, restera dans une place de tyran éternellement insatisfait à côté de la fille dévouée mais pas tout à fait dupe.
2° Après le décès. “Ce n’est pas assez que tu sois morte. Il faut vider. Fouiller les tiroirs. Inspecter les étagères. Chaque matin, je me rends dans ta maison. Je reste jusqu’à la nuit. Boîte après boîte, classeur après classeur, je décime le passé.”
C’est le temps qui conduit la fille à explorer le passé à la recherche de souvenirs familiaux, à vider la maison de la défunte et à reconstituer la mémoire d’un amour filial impossible.
Seule, elle cherche un accès à sa mère à travers un vêtement, un poudrier, des gants noirs, une fleur séchée… tous des objets qui restent quand la vie est partie. Elle essaie aussi de comprendre la froideur de sa mère ainsi que la distance que celle-ci manifestait vis-à-vis d’elle. À chaque moment de cette trajectoire vers sa mère, la fille est en quête du moindre signe qui indiquerait que le cœur muet était malgré tout aimant.
Mais rien… rien qu’une tragédie du silence… rien que l’anéantissement d’une fille sous l’emprise, l’indifférence et la violence de sa mère… rien que des rapports de pouvoir entre personnes liées par ce que certains voudraient appeler de l’amour…
Malgré ce lien désolant, cette fille arrive, grâce à la reconnaissance de ce manque irréparable, au deuil de n’avoir jamais été chérie par sa mère, à cheminer vers un sentiment de liberté. Un récit terrible qui, à travers des propos nus, des mots secs, des phrases cruelles, des sentiments violents et des émotions contenues, peut déranger, voire ébranler par une lucidité glaçante et une vérité bouleversante. Cette mère dans la lignée de Rose ( La fille démantelée de Jacqueline Harpman), Madame Lepic (Poil de carotte de Jules Renard), Folcoche (Vipère au poing d’Hervé Bazin), nous fait voir combien il est difficile de se délivrer d’une relation faite de rendez-vous manqués même après la mort. À propos de son œuvre, Corinne Hoex dit : “Écrire, pour moi, c’est explorer un lieu inconnu, chercher des parcelles de soi qu’on ignore, aller du côté de l’inconscient, de la voix intérieure, là où l’histoire échappe, c’est faire exister ce qui n’est pas apparent, donner place à l’émotion et au non-dit. Mon travail de fiction, jusqu’à ce jour, a pour objet la famille et la violence, la manipulation, les abus de pouvoir qui, sous l’apparente bienséance, y sévissent quelquefois”. »

Sophie Duesberg, Kaïros n° 49, décembre 2012-janvier/février 2013

Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique

« Une œuvre romanesque qui vient d’atteindre un nouveau stade  dans sa maturation, un travail poétique qui lui aussi s’affirme dans l’originalité et la maîtrise : sur ces deux plans, Corinne Hoex s’affirme comme une figure  majeure de notre littérature.
Après plusieurs récits qui relevaient d’une sorte d’aggiornamento familial, et qui avaient  été inaugurés, il y a douze ans, avec Le grand menu dont l’évidente maîtrise  n’avait échappé à l’attention de personne, ont suivi deux récits qui poursuivent la chronique presque clinique de ce qui tient de la psychose collective, Ma robe n’est pas froissée et Décidément je t’assassine, constituant ainsi un triptyque d’une rare homogénéité. La parution, l’an passé, du Ravissement des femmes (chez Grasset), a ouvert une nouvelle voie dans une œuvre placée sous le signe de la lucidité sans concessions. Ce roman dont l’acidité satirique n’est pas absente tient de la description de mœurs et du constat d’un malaise idéologique dans notre société désenchantée. Il préfigure d’autres développements dans une œuvre dont l’épanouissement donne plaisir à voir, y compris sur le plan poétique. La parution toute récente, au Cormier, du recueil Celles d’avant vient de l’illustrer. »

Jacques De Decker, Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, 16 mars 2013

Lire l’article complet sur le site de l’ARLLFB