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Élégie à Michel-Ange

Domaine(s) :
Collection :
ISBN : 2-87449-002-4
Format : 17 x 24 cm
Pagination : 224 pages
Prix : 22€
Parution : septembre 2005

Une vie de Michel-Ange, entre mythe et réalité, lyrisme et méditation, ponctuée par ses poésies, et telle que l’aurait racontée l’un de ses amants.

Un récit vif et puissant qui, bien que s’appuyant sur une documentation considérable, reste de bout en bout littéraire.

Le texte de Sandrine Willems s’entrelace avec une quarantaine d’images de la grande photographe Marie-Françoise Plissart : détails de statues, vues larges des carrières dans lesquelles il choisissait ses marbres, etc.

« Sur le point de mourir, au seuil de ses quatre-vingts neuf ans, Michel-Ange écrit : “Je regrette de n’avoir pas assez fait pour le salut de mon âme, je regrette de mourir au moment précis où je commençais à apprendre le rudiment de ma profession.” C’est à la lecture de ces mots que me prit le désir de savoir qui était ce géant.

La vie qui se révéla alors à moi étant plus incroyable qu’une fable, j’eus envie de la raconter, une nouvelle fois – mais plutôt qu’en une traditionnelle monographie, en un récit lyrique dont le narrateur serait le dernier amant de l’artiste. Peu m’importa dès lors la vérité objective des faits – et je n’hésitai pas à “romancer” afin d’atteindre, plus directement, une vérité de sentiments. L’essentiel fut de rendre aussi attachant qu’il dut l’être ce personnage torturé, impossible, et brûlant – qui ne fit, par son labeur acharné, que rechercher vainement l’amour, terrestre ou divin.

Sa carrière, à ses yeux, étant une suite d’échecs – oeuvres manquées, inachevées ou détruites – l’artiste, au long de sa correspondance, ne cesse de maudire un travail qui le condamne à la solitude et l’empêche de vivre ; et ce ne sera qu’à l’approche de ses soixante ans qu’une véritable explosion affective viendra l’arracher à son oeuvre : le vieil homme, alors, se consumera pour des jeunes gens qui se refuseront à lui – ou l’utiliseront. Et quand il se remettra à la tâche, s’épuisant jusqu’à son dernier souffle sur le chantier de Saint-Pierre, ce sera comme un mort vivant.

Quoique l’aspect humain du personnage soit ici à l’avant-plan, son parcours artistique, qui n’est que l’expression directe de son cheminement spirituel, est évidemment fort présent ; ses oeuvres étant le reflet de ses émotions, elles introduisent dans sa vie comme des temps de méditation ou de “musique pure”, à la façon d’arias dans un opéra. De même, afin de faire sonner sans intermédiaire la voix de l’Ange (ainsi nommé dans cette histoire), ses lettres et ses poésies, sous forme de fragments, ponctuent le récit. Le ton de celui-ci, du reste, est marqué par le style de l’époque, non moins cru que raffiné, tantôt lisse et tantôt mordant, alternant sentiments et réflexions – tout autant que poète, Michel-Ange étant philosophe, jusqu’à la moelle imprégné de néo-platonisme.

Certes, la vie de Michel-Ange a souvent été abordée, mais sous la forme d’essais ou, plus rarement, de romans historiques. Or le présent texte se situe en dehors de ces deux genres. Dans la mesure où il affronte un “mythe”, il est évident que sa visée concerne avant tout l’écriture – en l’occurrence la recherche d’une “voix”, entre lyrisme et méditation, entre l’oralité et le vers. Il ne s’agit pas pour autant d’un “exercice de style” : sans avoir le ridicule de me comparer à Racine, je pourrais invoquer son exemple dans la mesure où, lorsqu’il traite, après tant d’autres, le personnage d’Andromaque, la question n’est pas simplement pour lui de mettre un vieux contenu dans une forme nouvelle – la littérature me paraissant être ce lieu où une langue particulière implique un contenu particulier, ce lieu où, selon la définition qu’Aristote donnait de l’essence, se trouve une “unité de matière et de forme”.

Mon propos, quand j’écris, n’est pas “d’inventer un sujet original”, mais, un peu comme Michelet, de me “mettre au service des morts” ou de personnages mythiques, en faisant entendre, c’est-à-dire en “interprétant”, presque comme un musicien ou un acteur, autrement dit en “imaginant”, leur voix. Loin de me sentir “romancière” – mes textes se démarquant toujours, voire de plus en plus, du roman – je me verrais plutôt comme un “scribe”, ou une gardienne d’un temple, liée à la mémoire, aux légendes, à une certaine tradition orale. Dans la mesure où, pendant des siècles, de Homère au XVIIe siècle, la littérature se définissait surtout comme une réécriture perpétuelle de mythes oraux, il me semble en effet m’inscrire dans une tradition – mais une tradition relativement délaissée. Me sentant fort loin des “Modernes”, mais plus intempestive qu’archaïsante, ce que je recherche, est une sorte de classicisme qui n’exclut pas la singularité.

Puisse cette Élégie à Michel-Ange en témoigner. »

Lelittéraire.com

« Si l’histoire est belle, son écrin ne l’est pas moins : maquette impeccable, respirations justes, coupures respectueuses et qualité de reproduction remarquable, l’éditeur propose encore une fois un travail d’orfèvre. Ainsi, Élégie à Michel-Ange est rehaussé par les illustrations intelligentes de Marie-Françoise Plissart. Ses clichés sont d’une rare beauté, rivalisant avec ceux des photographes les plus doués de notre époque. Son regard fait mouche à chaque fois, qu’il accompagne les mots ou les dépasse, qu’il offre une vue connue ou bien plus intime des marbres du sculpteur. Chaque statue révèle ses caractéristiques, sa force, sa personnalité, parfois sous des angles inattendus, osés ou tout simplement novateurs. On devine les moments de doute, les pas faits autour de ces corps glaciaux mais si pleins d’humanité, l’importance de la lumière, les sons renvoyés par les murs, la quête du moment juste. Mais aussi combien a été comprise cette réflexion de l’Ange sur le vide et non pas sur les masses, et le saisissement qui subsiste face à de telles oeuvres. Les grands livres ont cela pour eux qu’ils semblent naturels : tout est facile, logique, et n’aurait pas pu être autrement. Leur agencement tombe sous le sens, la réunion de tel auteur avec tel illustrateur ne pouvait être plus juste et le travail qui en découle est d’une telle qualité, d’une telle harmonie que le mot “osmose” qualifie parfaitement leur collaboration. Le problème, maintenant, va être de retrouver quelque chose d’aussi bon à lire ! »

Anabel Delage, Lelittéraire.com, 7 décembre 2005

CritiquesLibres.com

« La base de travail est là, véridique, vérifiée, fouillée. Et puis il y a tout le reste, se greffant habilement sur ce qu’on sait déjà. Le personnage central n’en prend que plus de dimensions et d’humanité, il devient réel et palpable. Dans le cas de Michel-Ange, on se retrouve face à un homme certes talentueux mais profondément tourmenté, vaniteux, mis sous pression… un être humain comme tant d’autres en quelque sorte et Sandrine Willems réussit ce tour de force de faire de ce génie un type extraordinairement simple. Toujours avec cette écriture soignée et élégante qu’on lui connaît, ce qui compte, évidemment, beaucoup, dans la réalisation d’un tel travail. »

Sahkti, CritiquesLibres.com, 14 mars 2008

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