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L'art à l'épreuve de ses médiations

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ISBN : 978-2-87449-069-9
Format : 14.8 x 21 cm
Pagination : 224 pages
Prix : 18€
Parution : avril 2009

Conservateurs de musées, commissaires d’expositions, experts, critiques d’art, enseignants, philosophes, et même juges des tribunaux… Mais aussi galeristes, commissaires-priseurs, restaurateurs, assureurs, transporteurs, photographes, décorateurs, médiateurs, gardiens de musées… Tous ces professionnels contribuent à faire sortir les œuvres des ateliers, à les exposer, à les qualifier, à les commenter, à les évaluer, à dire ce qu’est l’art ou ce que sont les artistes ; et, ce faisant, à les intégrer dans le monde de l’art, à la place considérée comme juste dans le contexte où opèrent ces mots, ces gestes, ces actions, ces objets – ces médiations.

Sans eux, nous ne verrions rien, sinon peut-être des objets entassés dans des ateliers ; et sans eux, probablement, nous n’en penserions pas grand-chose. Pourtant, le paradoxe de ces fonctions qui font voir est qu’elles sont, elles-mêmes, quasiment invisibles. Car l’on croit spontanément que l’art, c’est une relation duelle entre le tableau et son spectateur. Or non : il s’agit d’une « relation à trois », un « triple jeu » entre, d’un côté, les œuvres ; de l’autre, leurs « regardeurs » (comme disait Duchamp) ; et, entre les deux, leurs intermédiaires, sans lesquels pas grand-chose n’aurait lieu dans le monde de l’art.

Quelles sont les valeurs et les représentations sous-jacentes aux décisions d’achats par les conservateurs de musées, ou encore, en matière d’art contemporain, les modalités concrètes de subventions par les commissions relevant des pouvoirs publics, ou d’acquisitions par les comités des FRAC ? Quels sont les types d’arguments utilisés par les critiques et les spécialistes d’art pour qualifier ou disqualifier une œuvre ou un artiste ? Comment les juristes disputent-ils à propos d’une sculpture dans l’enceinte du tribunal ?

Telles sont les principales questions dont traitent les textes réunis dans ce recueil. Car c’est le rôle du sociologue que de donner une visibilité à ces fonctions, et d’expliciter leur sens. Un vaste domaine s’ouvre ainsi à la sociologie, que dessine l’introduction en replaçant la problématique de la médiation dans l’ensemble de la sociologie de l’art.

Le Soir

« Si l’ouvrage n’apporte évidemment pas de conclusion définitive à une problématique très singulière qui concerne d’abord la France si complexée en la matière qu’elle met les bouchées doubles, il n’en défriche pas moins le champ – international – où cela se passe, dévoilant un matériau qui, dans ses attendus et ses présupposés, vaut de l’or ! Des heures passées, en chair et en os, à observer des réunions d’experts, celles des Frac, par exemple, qui ont pour mission de soutenir les artistes en région, et les minutes de ces réunions scrupuleusement consignées permettent au lecteur de s’introduire là où cela se passe, là où officient les fameux médiateurs de l’art contemporain. Réversibilité et volatilité des critères, rhétorique spécieuse, impératifs artistiquement corrects, il y a là une mine d’enseignement. L’art, en effet, meurt parfois de trop de liberté. »

Danièle Gillemon, Le Soir, août 2009