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Hors sujet

Journal d'une auto-analyse

Domaine(s) :
Collection :
ISBN : 978-2-87449-112-2
Format : 14.8 x 21 cm
Pagination : 128 pages
Prix : 13€
Parution : avril 2011

Hors sujet est un journal tenu dans le milieu des années 1980, au moment même où s’écrivait Abstracts.

Ce journal se veut cursif et exhaustif puisqu’il rencontre aussi bien des données diurnes que des données nocturnes (récits de rêves).

Il propose le triple fil rouge d’un récit manifeste, d’un épisode amoureux et de la menace d’un drame intime.

Par ailleurs, le journal propose des variations sur les thèmes d’une auto-analyse, le scripteur revenant sur des épisodes de psychose qui le sollicitèrent au début des années 1980.

Ces fragments composent une phénoménologie de la schize, ainsi que des butées interprétatives, le sujet du journal étant littéralement hors sujet.

« Abstracts et Hors sujet sont deux brefs opus, écrits en même temps dans le milieu des années 1980 : un essai et un journal au caractère manifestement expérimental.

Hors sujet est un journal exhaustif puisqu’il utilise aussi bien les données diurnes que nocturnes via le récit de rêves. Il répond aux quatre motifs littéraires que Roland Barthes distinguait alors qu’il se posait la question de l’écriture et de la publication d’un journal :

– Motif poïétique, Hors sujet est écrit dans un idiolecte singulier, cursif, elliptique, densifiant l’anacoluthe ou la synecdoque ;

– Motif autobiographique, historique, anecdotique, ici un épisode amoureux, la menace d’un drame intime ;

– Motif utopique, celui qui viserait à tirer le portrait de l’auteur, au bout de l’imaginaire ;

– Motif idolâtre, constituant le journal en “atelier de phrases” selon la formule de Barthes.

Telles sont les qualités du journal : individuer, laisser des traces, séduire par soi-même, fétichiser un langage.

Mais Hors sujet se développe dans une cinquième dimension, l’auteur proposant des variations sur les thèmes d’une auto-analyse, revenant sur des épisodes de psychose qui l’agitèrent dans les années 1980, composant ainsi une phénoménologie de la schize.

Cela pour répondre au défaut de mission du journal dont parle Barthes, pour contredire son caractère inessentiel, son absence de nécessité, voire son inauthenticité.

Tâcher ainsi de proposer un journal idéal “à la fois un rythme, disait Barthes, et un leurre”, j’ajouterais, de plus : une analyse de ce leurre qui subvertirait l’égotisme tendanciel attaché à la forme journal.

***

Abstracts est une sorte d’essai, mais un essai autographique, métatextuel et hypertextuel, faisant ce qu’il dit et disant ce qu’il fait, méditation fragmentaire mais soutenue, spéculative et spéculaire.

Le texte propose une génération nouvelle des opérateurs du sens comme de l’idée : induction du chiffre, traduction de la lettre, production du signe, séduction du mot. Tels sont les rapports de force signifiants à l’expérience intérieure. Ils font le lien entre pensée et vérité dans leur façon d’apparaître au préalable de la raison. Ils procèdent à une évaluation transcendante de la conscience nécessaire comme de toutes les séries d’enjeux forclos pour un sujet pluriel dans son être, au dehors et au dedans de sa propre représentation.

La pensée reste analytique et méditative : mantique du soi (sa soustraction), plastique du même (sa distraction), thématique du moi (son attraction), mathématique de la personne (sa tractation).

Il y a donc là un vrai test du sens, à soutenir d’un bout à l’autre du fragment par l’intelligence comme artificielle de lui-même, la phrase semblant réaliser le sens avant qu’il soit conclu, ou disconvenir d’une raison syntaxique qui ouvre sur la polysémie, tendant à hésiter sur le message, qui ne sera délivré d’une façon univoque que lorsqu’il ne sera intégralement codé. Le paradigme perturbe ce que le syntagme réfléchit dans l’altercation du texte avec le lecteur, signataire virtuel.

Le tract de l’absence à la présence est l’acte de l’abstraction elle-même : abstracts. »

Jean-Christophe Cambier

Le Monde

« Cambier pratique une “auto-analyse” délibérée : il tente de dégager une “intelligence du délire”, en évoquant, de façon très allusive, une période passée de profond trouble psychique : “Je remarque la tendance, écrit-il, que j’ai à étudier surtout l’intelligence de la situation, savoir comment des reliefs de rationalité répondent au délire, ou plutôt s’y impliquent.” Il y a donc une voix de la raison qui paraît parler plus haut, plus fort que le mystère, que le rêve, que les zones floues de la vie. »

René de Ceccatty, Le Monde, 16 juin 2011