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Jours plissés

suivi de La Pièce du scirocco

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Genre(s) :
Collection :
ISBN : 2-906131-75-X
Format : 16 x 24 cm
Pagination : 88 pages
Prix : 13€
Parution : avril 2004

Jours plissés

Un directeur, un régisseur et une jeune actrice vivent dans un théâtre, animés par une si haute idée de leur art qu’ils n’ont rien joué depuis des années pour ne pas abîmer leur idéal… Une femme force un jour la porte de leur théâtre pour y jouer une pièce qu’elle a conçue. Son projet va bouleverser la sublime exigence des trois ermites. Pas plus qu’eux, son compagnon, un artiste plasticien, ne comprendra comment leur vie et celle de la femme va se retourner sous des coups de théâtre. Mais c’est un conte, et c’est une comédie… C’est aussi un portrait de femme dont la liberté inspirée et sans concession se heurte à l’incompréhension de ses proches.

La Pièce du scirocco

À la fin du siècle dernier, un noble palermitain fait voeu d’aller à Jérusalem s’il échappe à une épidémie qui ravage le pays. Il est épargné, mais il n’a pas envie de faire le voyage, et tient malgré tout à respecter sa parole. Il décide alors de faire le trajet, accompagné de son serviteur, sans sortir du jardin de son palais… Un homme a eu connaissance de cette histoire. Est-elle véridique ? est-elle forgée ? Il fait une enquête, découvre des traces et des témoins. De plus en plus possédé par cette histoire, il veut s’en libérer en la mettant en scène, et il choisit pour cela le théâtre minimal de la conférence. Alors, à ses côtés, se lèveront les fantômes d’une aventure énigmatique devenue la sienne.

« Avec Jours plissés et le texte, plus bref, intitulé La Pièce du scirocco, Jean-Loup Rivière poursuit dans l’écriture les questions critiques soulevées dans Comment est la nuit ? Essai sur l’amour du théâtre (2002). Ces deux textes sont étrangement clairs et énigmatiques à la fois, nocturnes, mais dans une nuit qui n’a rien d’obscur.

Dans Jours plissés, un directeur de théâtre et ses comédiens ont une idée tellement haute du théâtre qu’ils n’arrivent plus à monter la moindre pièce. Ils ne font qu’attendre, mais avec quelle intensité, un auteur qui leur apporterait enfin une pièce à la hauteur de leur exigence. Certes, leur théâtre est absolument libre, indéniablement vide, mais “un théâtre vide n’est pas un théâtre sans théâtre”. Arrive une jeune femme, mais elle n’est pas l’auteur attendu, elle n’apporte ni pièce, ni même un canevas. Pas la moindre recette de succès. Un seul spectateur, dit-elle, lui suffira. Mais tout le monde pressent que la jeune femme offre beaucoup plus qu’un texte écrit, aussi excellent soit-il.

Dans La Pièce du scirocco, un conférencier qui a entrepris de raconter ses recherches sur le voyage immobile accompli par Alberto Monrey, Prince de Villafranca, évoque son voyage à Palerme, sa visite du château du bizarre “pèlerin”, sa découverte du parc. Les fleurs l’éblouissent :
“— Vous savez ce que disait saint Bernard ? ‘La fleur a voulu naître d’une fleur, dans une fleur, au temps des fleurs.’ Aucun humain n’aura une pensée aussi haute que la fleur. Aucun n’est capable d’atteindre cette sagesse […].
— Oui, je sais, je sais… ‘La rose est sans pourquoi, fleurit parce qu’elle fleurit, ne sait être regardée…’ Ce sans pourquoi est épouvantable. Il ridiculise mon métier, il éteint l’artiste…
— Non, il éteint celui qui n’arrive pas à cette liberté.”

L’art de Jean-Loup Rivière va dans le sens de cette liberté ; il l’éclaire. »