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Made in the USA

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ISBN : 2-906131-54-7
Format : 12.5 x 17 cm
Pagination : 48 pages
Prix : 7€
Parution : septembre 2002

« Le nouveau recueil de Jan Baetens, paru aux Impressions Nouvelles, donne ses nouvelles impressions d’un voyage en Amérique. Dans une première partie, il décrit des photographies de Walker Evans, et dans la seconde partie une toile d’Edwin Romanzo Elmer, ces deux images tenant lieu du pays qu’il n’a pas voulu affronter directement lorsqu’il le parcourait. Cette description littéraire non plus sur le motif, mais d’après une œuvre d’art, est une forme nouvelle de poésie descriptive, même si on peut remonter à Raymond Roussel comme grand ancêtre, puisque ce voyageur lui aussi restait enfermé dans les hôtels et décrivait des “vues” et des images. L’étonnant est qu’on n’a pas besoin de rechercher le modèle pictural pour comprendre et éprouver ces poèmes. Cette distanciation est un gage contre un emballement lyrique du type “Et maintenant louons les grands hommes”.

Un “Art poétique” allusif et exigeant ouvre la première partie du recueil “Pour Walker Evans” : “La renommée est question d’ordre : / Ceci d’abord, puis cela, point / De perles, rien que collier”. Pour marcher, l’auteur s’est taillé des bottes à sa mesure : heptasyllabes (il préfère l’impair), vers dansants d’une “Biographie” qui est comme une chanson dans le noir : “L’américain / Est-il la langue, / L’amère gangue / De tes fusains ? / J’en vois l’accent / Dressé partout / Sanguine à goût / Et bec de sang”, de courtes proses, des sonnets, dont “Quatre sonnets (avec et sans rimes) ». Mais prenons garde aux contraintes cachées : quand il donne « Quatre poèmes en vers blancs”, le premier est en rimes inverses, comme les amateurs n’en n’ont pas lus depuis longtemps.
La seconde partie, “Mourning Picture”, partiellement parue dans le numéro 6 de Formules, la revue des littératures à contraintes, est en vers libres, parfois en tercets, et sa forme comme son ton rappelle les poèmes anglo-américains : une unité organique qui rassemble la diversité des impressions. Mais l’épigraphe, qui transpose celle de la Terre vaine, indique cette référence, de même que le titre (“Made in the USA” ne veut pas dire “Made in USA”, synonyme de produit de masse). Le poème “En filigrane” évoque le pèlerinage à la maison d’Emily Dickinson.

On apprécie l’attention aux choses de la vie quotidienne américaine dont ces poèmes témoignent, leur adresse familière, leur vocabulaire varié et savoureux. Leur ton est changeant, passant du mélancolique (“L’œil bat, l’âge n’est pas peau neuve, mais poésie perdue”), à l’ironique (“…des cars gratuits pris d’assaut / Par une moyenne d’âge encore subalcoolique”), voire au cruel, comme les deux derniers vers : (“Avec des haches ils brisaient / Les jambes des chevaux”). L’ouverture aux impressions les plus brutes n’exclut pas l’allusion savante et précieuse, quoique amusée, comme dans son sonnet “à la manière de Gongora” où le photographe est loué comme l’était les peintres. Des transgressions se glissent en sourdine dans le texte, y compris dans le domaine formel : ainsi le mot compact quenellien “Desbrinsd’herbenondistinct” voisine avec l’énoncé éclaté, digne de la revue Java : “S ire posd o mi ni cal”. Éloigné un moment de ses pays et de ses langues d’origine (le flamand et le français), l’auteur s’interroge sur lui-même dans ces poèmes, par le biais d’un support iconique où il peut se projeter, mais il n’est jamais complaisant. Au total, un recueil bref, aux poèmes denses, par une voix qui devient vite très proche, comme celle d’un compagnon de voyage dans un bus cahotant on the road. »

Alain Chevrier, Europe
Disponibilité

Ce titre n'est plus en distribution.

Quelques exemplaires sont peut-être encore disponibles chez l'éditeur.

Merci de s'en informer via l'adresse mail :

patricia.kilesse@lesimpressionsnouvelles.com