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Naissances de la bande dessinée

De William Hogarth à Winsor McCay

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ISBN : 978-2-87449-082-8
Format : 24 x 33 cm
Pagination : 144 pages
Prix : 29.50€
Parution : novembre 2009

Autour de 1900, apparaît dans la presse américaine une forme pétrie d’humour et d’action que nous reconnaissons sans problème comme de la bande dessinée : le comic strip, né en même temps que le cinéma et le phonographe. Dans ce livre riche en surprises, Thierry Smolderen montre pourtant que l’origine de cette forme est beaucoup plus ancienne, et liée à une autre naissance : celle du roman moderne, qui émerge en Angleterre au cours du XVIIIe siècle. L’œuvre satirique du peintre et graveur William Hogarth a ouvert cette voie, menant à des échanges d’un genre nouveau entre l’image et les médias de l’âge moderne.

Au XIXe siècle, le courant impulsé par Hogarth est resté l’affaire exclusive d’un groupe particulier de dessinateurs, les illustrateurs humoristiques, qui mettent leur immense culture de l’image au service de la parodie, en cultivant l’art de l’hybridation stylistique. Fascinés par le graffiti, le dessin d’enfant et les images marginales, ils sont les premiers à s’emparer des médias émergents, qu’ils schématisent et combinent dans une perspective ironique. Depuis Rodolphe Töpffer, ils prennent aussi un malin plaisir à interroger les idiomes séquentiels du monde industriel à partir du passé naïf des histoires en images populaires. La bande dessinée moderne s’est forgée dans ce creuset résolument polygraphique qui n’a manqué aucune des révolutions majeures menant à l’âge audiovisuel.

Cet ouvrage – qui constitue aussi une véritable anthologie – éclaire donc de manière surprenante les pièces d’un puzzle que nous croyions pourtant si bien connaître : loin d’être orpheline, la bande dessinée y apparaît comme la principale héritière d’une culture de l’image lisible aussi ancienne que l’image imprimée. La bulle, la ligne claire, l’action progressive, la mise en abîme ironique et jusqu’à la physique délirante des toons l’inscrivent dans une généalogie beaucoup plus riche que ne le soupçonnent les auteurs eux-mêmes. Son dialogue initial avec le roman d’avant-garde du XVIIIe siècle et le livre romantique, sa longue cohabitation avec les rythmes de la presse illustrée, sa symbiose avec le cinéma en font même l’ouvroir potentiel de l’image contemporaine par excellence.

« En sélectionnant et en présentant les documents proposés dans ce livre, nous avons cherché à donner une idée de la richesse de l’image humoristique en Angleterre, en France, en Allemagne et aux États-Unis — une culture dont William Hogarth fut le grand précurseur au XVIIIe siècle. Pour comprendre l’évolution des formes séquentielles qui ont fait le lit de la bande dessinée moderne, leurs interactions constantes avec des formes concurrentes dont nous ne soupçonnons plus l’existence doivent être prises en compte. Les “raisons d’être” des histoires séquentielles sont multiples, et elles ne deviennent intelligibles que si l’on tient compte des solutions alternatives qui se présentaient à ces dessinateurs.

Il faut dire que la variété des expériences menées tous azimuts par les artistes humoristiques, dans ces pays et durant cette période, met à mal toute classification et suggère au contraire l’idée d’un véritable continuum. Du rébus au roman en estampes à la Töpffer, de la caricature politique à l’illustration romanesque, du feuilleton dessiné aux “macédoines” thématiques, les illustrateurs professionnels travaillant pour le ivre et la presse au XIXe siècle prennent un malin plaisir à générer des formes hybrides et à ne laisser aucun genre intermédiaire inexploré.

Dans ce paysage décidément bien éclectique, on comprendra qu’il ne soit pas possible de fixer a priori — c’est-à-dire axiomatiquement — les limites de notre corpus. Il ne s’agit pas non plus d’aborder ces productions comme des approximations ou des tâtonnements qui tendraient peu à peu à se rapprocher de la seule forme réellement pertinente — la bande dessinée familière et transparente du XXe siècle. Nous nous proposons de les voir, au contraire, comme des formes dynamiques qui explorent avec audace leur propre espace de possibilité. Elles se rapprochent en cela des productions qui depuis une vingtaine d’années prolifèrent aux frontières du genre “bande dessinée” dans nos librairies.

À l’instar de nos auteurs les plus inventifs, les créateurs marquants du XIXe siècle aimaient, en effet, l’ironie et la prise de risques : ils innovaient, tout en revisitant souvent des modèles qui apparaissaient archaïques ou dérisoires aux lecteurs de l’époque. Pour donner corps aux pressentiments que leur inspiraient les transformations du temps — le progrès industriel en particulier — ils faisaient feu de tout bois. Chris Ware, aujourd’hui, ne procède pas autrement quand il emprunte aux origines du cinématographe, aux funnies et aux réclames des années 20, aux diagrammes didactiques des années 50, les bribes d’un langage polyphonique qui lui sert à décrire l’Amérique contemporaine. Ce dialogue entre la “préhistoire” de la bande dessinée et les formes les plus innovantes qu’elle prend aujourd’hui est l’une des justifications de cet ouvrage. »

Le Soir

« Son regard scie les clichés du genre et redéfinit les origines de la bande dessinée comme “un court-circuit humoristique entre le monde moderne et la culture populaire”. »

Daniel Couvreur, Le Soir, 6 novembre 2009

BD Best !

« Un ouvrage qui, fort probablement, va devenir le livre culte et de référence sur la bande dessinée de cette décennie. »

B. Gilson, BD Best !, 6 novembre 2009

Lire l’article complet sur le site de BD Best !

 Comics Research & Such

« This newly published book sounds fascinating! »

Comics Research & Such, 8 novembre 2009

Mundo BD

« C’est une fête pour l’oeil et pour l’esprit […]. Pour fertiles et jouissives que soient les découvertes de Smolderen qui, en soi, méritent le détour, il faut quand même un peu tempérer son enthousiasme. »

Didier Pasamonik, Mundo BD, 12 novembre 2009

La Libre Belgique

« Naissances de la bande dessinée sera l’une des dernières expositions à marquer l’année Bruxelles BD. Ce joli point d’orgue […] remonte aux prémices du plus populaire des arts. Qui mieux que l’exégète et théoricien réputé de la bande dessinée Thierry Smolderen pouvait faire partager sa genèse aux amateurs ? […] Ce livre parait aux “Impressions Nouvelles” : on ne pouvait rêver plus approprié pour cet éclairage nouveau. »

Alain Lorfèvre, La Libre Belgique, jeudi 12 novembre 2009

Lire l’article complet sur le site de La Libre Belgique