Vies de Charlotte Dufrène

À l'ombre de Raymond Roussel et Michel Leiris

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ISBN : 978-2-87449-319-5
Format : 14.5 x 21 cm
Pagination : 368 pages
Prix : 23€
Parution : mars 2016

Charlotte Dufrène, de son vrai nom Marie Charlotte Fredez (1880 – 1968), est un vertige.

Demi-mondaine parisienne à la Belle Époque, elle gravite dans une haute société proustienne avant de devenir presque par hasard – auprès de Raymond Roussel auquel elle sert de « paravent » – le témoin médusé d’une vie et d’une œuvre littéraire uniques. Femme aux abois, elle accompagne l’écrivain en un compagnonnage un peu en retrait du monde déjà, jusqu’à sa fin tourmentée à Palerme en 1933. Ensuite, elle échoue à Bruxelles où elle vit à la limite de l’indigence, avant de connaître une tardive embellie.

Comment expliquer que Charlotte Dufrène n’ait cessé de se lier à des célébrités : non seulement Roussel, mais aussi le compositeur Reynaldo Hahn, le maître d’équipage Bertrand de Valon, les auteurs Michel Leiris et John Ashbery, faisant ainsi le grand écart entre la société élégante 1900 et une modernité littéraire radicale ? Présence discrète mais mémorable, comment s’attire-t-elle l’intérêt et l’affection de la féministe Lily Wigny ou de la chanteuse Paule Daloze ? Et pourquoi reste-t-elle toujours au fond une inconnue ?

À travers ce destin unique, les auteurs interrogent une certaine image de la femme au XXe siècle, étrangement en marge des grandes émancipations de l’époque. Planète en apesanteur soumise à toutes les attractions, Charlotte mène sa trajectoire solitaire entre charme, effacement et dévouement – mais témoigne d’une secrète capacité de résistance qui en fait la parente cachée de Bartleby ou d’Yvonne, princesse de Bourgogne.

Ce livre rassemble ce qu’il est possible de savoir aujourd’hui sur Charlotte Dufrène. Il est composé d’un essai biographique en forme de lettre et d’un dossier documentaire : correspondance avec Raymond Roussel, Michel Leiris, John Ashbery et quelques autres, chronologie détaillée et abondante iconographie.

Bruxelles News

« S’attarder sur Charlotte Dufrène (née Marie-Charlotte Fredez) entraîne le lecteur dans le tourbillon de la Belle Époque et la folie des nuits parisiennes. Son intelligence, son charme et sa beauté l’ont fort vite liée aux célébrités, tout en la maintenant en retrait de la renommée. Témoin de la vie artistique, elle a été à la fois une muse, une amie et une confidente. Renaud De Putter et Guy Bordin se sont attachés à retracer son parcours dans l’ombre d’une poignée de plumes, de pinceaux et de voix à l’aide de lettres et d’une abondante iconographie. »

Georgie Bartholomé, Bruxelles News, 16 mars 2016

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La Libre Belgique

« Étonnante évocation, très documentée, du sinueux parcours de Charlotte Dufrène (Marie Charlotte Fredez, Paris, 1er novembre 1880 – Bruxelles, 29 juin 1968) qui fut l’intime de Raymond Roussel, l’accompagnant jusqu à sa fin tragique à Palerme en 1933. Et une amie aussi de Michel Leiris. »

Francis Matthys, La Libre Belgique, 21 mars 2016

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Libération

« Dans l’histoire de la littérature, il y a ceux qui surnagent. Et il y a les ombres. Charlotte Dufrène était une ombre. En tout cas jusqu’à la parution de Vies de Charlotte Dufrène. Un tandem étonnant et pugnace d’enquêteurs bruxellois a levé les voiles un à un sur cette femme oubliée, compagne platonique de l’écrivain Raymond Roussel pendant vingt-trois ans, béguin du jeune Michel Leiris, qui croisa Marcel Proust et Jean Cocteau. C’est à elle que l’excentrique dandy Raymond Roussel a dédicacé son dernier livre, publié de manière posthume, Comment j’ai écrit certains de mes livres. […] Sans l’avoir prévu au départ, ils ont aussi écrit la biographie la plus précise qui soit du résultat de leurs investigations. Scrupuleuse des sources existantes, avec notes de bas de page, bibliographie, chronologie (et même poèmes de leur cru), publiant dans le même mouvement toute la correspondance connue de la dame. Plutôt que de faire le récit distancié de cette “vie minuscule” comme ils disent en se référant à Pierre Michon, ils ont choisi de s’adresser à elle sous la forme d’une longue lettre, “en toute subjectivité”. Cette forme offrait l’avantage de donner de la chair à ce personnage qui semble n’avoir vécu qu’en creux. Elle permettait également de pouvoir exprimer des questions encore sans réponses sur tel ou tel événement de sa vie ou de poser des hypothèses sur des trous béants d’incompréhension. »

Frédérique Roussel, Libération, 25 mars 2016

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France Culture (Poésie et ainsi de suite)

Manou Farine reçoit le tandem Renaud de Putter et Guy Bordin pour parler de l’existence de Charlotte Dufrène, une vie de femme « paravent » dans l’ombre de Raymond Roussel (dès 2’07”), le 20 mai 2016.

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RTBF – Musiq3 (Le grand charivari)

Le samedi 4 juin 2016, Pascale Seys consacre une émission complète à Renaud De Putter, co-auteur avec Guy Bordin, du livre Vies de Charlotte Dufrène et du film documentaire « L’Effacée » alors en plein tournage.

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Les Lettres françaises

« Vous pourriez me dire que, peut-être, il n’était pas indispensable de consacrer un ouvrage de cette importance à Charlotte Dufrène dont la fonction était de servir de “paravent” à Raymond Roussel et qui sut fort bien rester dans la coulisse d’un théâtre dont elle fut pourtant la spectatrice privilégiée ? L’intérêt de l’ouvrage de Renaud De Putter et Guy Bordin est, en première analyse, d’avoir rassemblé les recherches de Michel Leiris et John Ashbery et, en les poursuivant et les complétant, d’avoir en quelque sorte constitué une somme des travaux biographiques sur Charlotte Dufrène. De ce point de vue, il doit être considéré comme important, nécessaire à l’établissement d’une histoire littéraire et affective de Raymond Roussel, tout comme il apporte un éclairage important sur la société mondaine et ses mœurs à la fin du XIXe siècle, et dans la toute première moitié du XXe siècle, nous le verrons. Mais il porte beaucoup plus loin son ambition: ce qui ne peut passionner les rousselâtres dont je fais partie depuis toujours, le rôle de Charlotte Dufrène dans la vie de Raymond Roussel, devrait néanmoins toucher, émouvoir un public plus large. Car il s’agit, dans ce livre, d’une femme, Charlotte Fredez, qu’ils tentent de retrouver derrière le masque de son pseudonyme, Charlotte Dufrène. D’où l’une des lectures possibles du pluriel du titre : Vies de Charlotte Dufrène. Remarquons enfin que Renaud De Putter et Guy Bordin ont choisi d’écrire leur biographie sous la forme d’une lettre à Charlotte Dufrène, “lettres que nous ponctuons de courts passages fictionnels écrits à la première personne, et qui apparaissent en italique et en grisé”. »

Jean Ristat, Les Lettres françaises, 9 juin 2016

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La Libre Belgique

« Il s’agit [cette fois] de Marie-Charlotte Fredez (1880-1968), dite Charlotte Dufrène, pratiquement inconnue, si ce n’est qu’elle fut proche d’un écrivain singulier, riche et extravagant, le surréaliste (malgré lui) Raymond Roussel. […] Sur un ton affectueux et déférent sans jamais la brusquer, [les auteurs] lui exposent leurs hypothèses sur sa vie ses motivations et ses désirs et chemin faisant la ra content avec une délicatesse infinie Ils l aiment et on se surprend à espérer que dans sa vie bizarre Charlotte ait été ne fût ce que fugitivement autant aimée. […] De la sentir si proche et déjà morte, et morte si seule, on a le cœur serré. Il le sera encore plus à la lecture de la correspondance, assez fournie, reliant Charlotte et Michel Leiris, la première débordant toujours de gratitude, le second faisant gentiment son devoir, plus quelques rares lettres de Roussel, cordiales mais banales, et, évidemment, aucune de Charlotte à ce dernier, tout ayant été détruit par son héritier. Mais les auteurs gardent leur confiance en leur héroïne “en creux”, la voyant plus comme Maître Eckart que comme Job, visiblement fascinés par son acceptation de sa finitude, de son effacement, et entraînant le lecteur dans cette fascination. »

Martine Dumont-Mergeay, La Libre Belgique, 13 juin 2016

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Encres vagabondes

« Un livre pour les amateurs de l’écrivain des “minutes marquantes”, parentes de la mémoire involontaire de Proust et des épiphanies de Joyce,  qui écrivait : “Contrairement à vous, j’ai tout mon temps. Je peux me perdre dans des détails minuscules, inventer des mondes complets laissant loin derrière ce que vous considérez comme ‘fictions’ […]  Vous voulez faire  ‘beau’ : moi, pas. Je fais selon mon désir, j’invente ma technique, mes règles qui n’ont de sens que pour moi, et c’est ainsi que naîtra mon monde.” Un monde que Charlotte Dufrène a côtoyé sans jamais y entrer. »

Sylvie Lansade, Encres vagabondes, 13 juillet 2016

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Nonfiction.fr

« Vies de Charlotte Dufrène, dédié à Annie Le Brun, constitue la source du film documentaire L’Effacée(2016) par les mêmes auteurs. L’ouvrage est divisé en deux parties introduites par un avant-propos du poète John Ashbery : la première, en forme de lettre, constitue une sorte de biographie de Charlotte Dufrène jusqu’à ses derniers jours. Hélas, le choix rhétorique n’est pas des plus heureux : le travail documentaire, très sérieux (archives, interviews, la plupart du matériel est inédit) est caché par un style vaporeux et souple très Belle Époque. La deuxième partie est constituée par la correspondance inédite de Charlotte Dufrène, une chronologie, une bibliographie (francophone), un index et des notices sur les témoins consultés. Des rares belles photos accompagnent le texte, laissant toutefois le lecteur sur sa faim iconographique. Une profonde mélancolie ressort des documents : entre autres, la lettre où elle fait allusion au seul amour de sa vie. »

Erika Martelli, Nonfiction.fr, 9 septembre 2016

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