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Vies et mort de la francophonie

Une politique française de la langue et de la littérature

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Collection :
ISBN : 978-2-87449-108-5
Format : 14.8 x 21 cm
Pagination : 288 pages
Prix : 20€
Parution : février 2011

La « francophonie » fut un aspect clé de la politique culturelle de la France, voire de sa politique tout court. Mais le terme est vague, s’est prêté à de nombreux usages et à de multiples interprétations, a suscité autant de passions que d’agacements, tandis qu’il semble aujourd’hui évincé par le discours sur l’identité nationale. Le présent ouvrage dresse le constat de cette « mort » et parcourt les différentes « vies » qui la précèdent.

En particulier, l’auteur livre une image sans fard des discussions sur les littératures en langue française écrites en d’autres pays que la France, de la Belgique à la Suisse, du Maghreb au Québec, en proposant un double parcours. Historique d’abord : le livre examine l’origine et les avatars du concept de francophonie, chez des auteurs comme Remy de Gourmont, Jean-Paul Sartre ou Léopold Sédar Senghor. Critique et politique ensuite : à chaque étape, l’auteur éclaire ces discours sur la langue et la littérature d’une lumière qui en révèle les présupposés, les enjeux profonds et les implications idéologiques, depuis les ouvrages du géographe Onésime Reclus, qui accompagnent les débuts de l’entreprise coloniale française, jusqu’au fameux discours de Dakar de Nicolas Sarkozy en 2007. Ce double parcours se construit au fil d’une argumentation serrée et d’un commentaire approfondi des textes qui ont façonné l’idée francophone, depuis la période coloniale jusqu’au développement actuel des études francophones à l’université.

Ce livre prend ainsi position dans le débat fondamental sur la place de la France dans l’ère de la mondialisation, où l’usage de la langue française ne va plus de soi et où la littérature française a perdu le privilège d’universalité qu’elle a longtemps revendiqué. À ce titre, il s’adresse à tous ceux qui s’intéressent à l’histoire des représentations sur la langue et la littérature. Mais il s’inscrit aussi pleinement dans le champ des études littéraires, en proposant des nouvelles manières de concevoir le discours critique sur les littératures dites « francophones », trop souvent imprégnées d’un vieux fonds d’humanisme lyrique et d’un exotisme de bon aloi. Il intéressera ainsi les littéraires soucieux d’élucider les enjeux politiques propres à leur discipline et de mieux comprendre la rhétorique d’un savoir construit sur le fait culturel francophone.

En décembre 2012, François Provenzano a reçu le Prix La Renaissance française décerné par l’Académie des sciences d’outre-mer pour son ouvrage Vies et mort de la francophonie. Une politique française de la langue et de la littérature.

Pour lire son discours de remerciement, affichez le fichier Word du texte en cliquant ici.

CritiquesLibres.com

« Un ouvrage instructif qui aide à comprendre l’évolution et les glissements sémantiques, mais aussi à mieux s’immiscer dans le débat politique qui existe depuis plusieurs années et va aller en grandissant, à l’heure où les pays émergents vont occuper le devant de la scène et rebattre les cartes. […] Un texte pointu et très accessible à la fois, dans lequel chacun devrait trouver à méditer sur l’utilisation de notre langue et sa réelle portée. »

Sahkti, CritiquesLibres.com, 21 mars 2011

Lire l’article complet sur le site CritiquesLibres.com

Mediapart

« Mais ce qui occupe vraiment François Provenzano est ailleurs encore. Il est de montrer plus abstraitement comment de nombreuses représentations sont mobilisées pour accréditer l’idée qu’il existe une grande famille supranationale à fondement linguistique à l’intérieur de laquelle, au nom d’un intérêt supérieur, les contradictions s’annuleraient. Dans l’entreprise, le littéraire joue tout son rôle puisqu’il s’agit d’intégrer des espaces nationaux minoritaires à la prestigieuse littérature française en mal de rayonnement. Avec la mauvaise foi de tous les idéalismes, les francodoxes de service entrent alors en action et imaginent les solutions les plus discutables. Ainsi chacune de leurs interventions vise à renouer avec une universalité qui, au total, n’a jamais été qu’imaginaire. »

Jacques Dubois, Mediapart, novembre 2011

Acta Fabula

« Le livre de François Provenzano est précieux en ce qu’il permet d’élaborer une critique fine des discours métalittéraires sur la francophonie et d’analyser le paradigme francodoxe à l’œuvre dans cette tradition. Les anthologies littéraires ne sont pas innocentes et viennent justifier un discours résolument francodoxe qui a su revêtir des formes parfois opposées (la rhétorique postcoloniale se distingue largement du discours francodoxe de la fin des années 1880). La francodoxie est en réalité une idéologie surdéterminant l’aspect culturel de la langue française comme si cette langue était investie d’une mission particulière dans l’histoire des civilisations. Une typologie des usages de ce discours francodoxe est ainsi possible grâce aux pistes proposées par cet ouvrage. »

Christophe Premat, Acta Fabula, 3 septembre 2012

Lire l’article complet sur le site de Acta Fabula