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Lire Tintin

Les Bijoux ravis

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ISBN : 978-2-87449-307-2
Format : 16.5 x 23 cm
Pagination : 288 pages
Prix : 22€
Parution : octobre 2015

Et si le prodigieux succès de Tintin était dû à d’autres raisons que les circonstances anecdotiques ? Et si par delà son aspect rassurant cette oeuvre s’avérait d’une stupéfiante modernité ? Et si cet auteur populaire entre tous était encore à découvrir ?

C’est à ces questions que Benoît Peeters répond dans cet ouvrage. Déjà auteur du Monde d’Hergé et de Hergé, fils de Tintin, il propose ici une analyse plus approfondie des Aventures de Tintin en se concentrant sur un seul volume, l’un des sommets de la bande dessinée classique : Les Bijoux de la Castafiore.

Un commentaire minutieux suit l’album planche après planche et case après case, rencontrant au fur et à mesure d’innombrables problèmes : comment se noue le récit hergéen ? de quelle manière fonctionne un gag ? quel est le rôle exact des oiseaux et des fleurs dans cette histoire ? et quel est le vrai secret de Bianca Castafiore ?

Issus de ce commentaire mais n’hésitant pas à s’en éloigner très librement, d’autres chapitres interrogeront les rapports du morceau analysé avec d’autres Aventures de Tintin ou avec des oeuvres proches (celles notamment d’Hitchcock, de Jules Verne ou d’Agatha Christie), examinant par exemple les relations entre le cinéma et la bande dessinée, les mécanismes de l’imagination, les secrets de l’économie narrative.

L’essai de Benoît Peeters (qui est paru pour la première fois aux Impressions Nouvelles en 2007) est suivi d’un long entretien avec Hergé, l’un des plus passionnants qu’il ait jamais accordé.

« S’il fallait résumer en quelques mots le projet de ce livre, je dirais qu’il est d’apporter un commencement de réponse à cette remarque que Hergé nous adressait, à Patrice Hamel et moi-même, lorsqu’un jour d’avril 1977 nous étions allés le trouver : “Je crois qu’il y a moyen à propos de Tintin d’aller plus loin qu’on ne l’a fait jusqu’à présent. Vous savez – je parle de moi avec un réel détachement – quand une chose comme celle-là a du succès pendant si longtemps, c’est qu’il y a une raison. Laquelle ? Je ne le sais pas moi-même mais il y en a une, puisque – et cela m’étonne toujours ! – ça dure depuis près de cinquante ans.”

Mettre au jour certaines de ces raisons qui, par delà les circonstances anecdotiques, peuvent expliquer l’étonnante longévité des Aventures de Tintin et l’évident plaisir que des millions de gens à travers le monde prennent à les lire et les relire, tel est le premier but de cet ouvrage. L’œuvre d’Hergé est “inusable” a joliment dit Michel Serres ; il n’est pas sans intérêt d’essayer de comprendre pourquoi.

“Aller plus loin” à propos de Tintin, c’est peut-être accepter de sortir des généralités dont on se contente habituellement. Aussi, afin d’éviter l’aspect superficiel d’un panorama qui contraindrait à passer trop vite sur chacun des albums, ai-je choisi de centrer cette étude sur les seuls Bijoux de la Castafiore, ouvrage tardif (1963), qui déconcerta lors de sa sortie mais est aujourd’hui considéré par beaucoup d’amateurs comme le dernier grand Tintin.

Il peut sembler paradoxal d’avoir pris comme point de départ d’une approche minutieuse de l’œuvre d’Hergé la plus atypique des Aventures de Tintin. Trois raisons au moins m’ont conduit à ce choix.

À cause de sa différence avec les autres albums, d’abord, Les Bijoux de la Castafiore m’est apparu comme le plus à même de nous informer sur l’ensemble d’une série dont – au sens photographique du terme – il constitue une sorte de négatif. Après Tintin au Tibet (1960), où il avait voulu “renoncer à toute la panoplie habituelle du dessinateur de bandes dessinées”, Hergé s’était efforcé d’aller plus loin encore. Ironisant sur les codes des albums précédents, radicalisant des effets mis en place de manière ponctuelle dans les autres épisodes, cette vingt-et-unième aventure de Tintin permet de lire ce qui sans elle serait resté inaperçu.

Le fait que cet album ait suscité plusieurs commentaires prestigieux, et tout particulièrement celui de Michel Serres, “Les bijoux distraits ou la cantatrice sauve”, a lui aussi contribué à fixer mon choix . J’ai fait le pari qu’il serait passionnant d’examiner l’album d’Hergé jusque dans son détail le plus infime. Prendre la bande dessinée au sérieux, c’est aussi lui accorder la même attention qu’aux autres formes d’art afin de mettre au jour ses spécificités.

Enfin, et c’est peut-être l’essentiel, Les Bijoux de la Castafiore est certainement l’album de bande dessinée le plus dense que je connaisse. Les trames – celles du texte et celles de l’image – y sont si serrées que l’analyse, toujours, trouve dans le livre matière à une nouvelle relance. Après des mois de travail et d’innombrables relectures, je pense être loin d’avoir épuisé la richesse de l’ouvrage. »

Papiers Nickelés

« Cette lecture case après case des Bijoux de la Castafiore est aussi une magistrale leçon de critique et de lecture. On n’est sans doute jamais allé aussi loin, et avec autant de pertinence, dans un langage simple. Ce livre est celui d’un maître du genre, que chaque commentateur devrait lire avant même de se mettre à écrire sur la narration figurative. Un bijou dont on ne peut qu’être ravi. »

Yves Frémion, Papiers nickelés n° 15, octobre-décembre 2007

Sitartmag

« Rien de tel que la rigueur dont fait preuve Benoît Peeters pour renouveler le plaisir de la lecture et, finalement, pour renouveler l’œuvre elle-même : le récepteur participe activement à la création, et le commentateur l’y aide magistralement. »

Jean-Pierre Longre, Sitartmag, novembre 2007

Métro

« Vous ne lirez plus jamais Tintin de la même manière après avoir redécouvert Les Bijoux de la Castafiore, main dans la main avec l’hergéologue Benoît Peeters. Tel un guide qui vous ferait découvrir les secrets de son château ou les finesses d’un Brueghel ou d’un Jérôme Bosch, Peeters propose un commentaire minutieux planche après planche, case après case, rencontrant au fur et à mesure d’innombrables problèmes […]. Grâce aux nombreuses références aux autres albums d’Hergé, ce sont des pans entiers de son œuvre qui s’en trouvent éclairés d’un jour nouveau. »

Métro, décembre 2007

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Le Carnet et les Instants

« Un tel souci du détail, une telle attention aux indices les plus ténus, une telle subtilité à relever les moindres correspondances qu’on a le sentiment, une fois le livre refermé, que celui-ci a livré tous ses secrets. S’il décortique l’album avec une irréprochable acuité, à aucun moment il ne donne l’impression de forcer l’interprétation : il dit tout ce qu’il y a à dire, et rien que ce qu’il y a à dire, dans une langue parfaitement lisible et dépourvue de jargon, aussi claire que la ligne par laquelle on a défini le dessin d’Hergé. »

Daniel Arnaut, Le Carnet et les Instants, décembre 2007-janvier 2008

Lire l’article complet sur le site de la Promotion des lettres

Sanspapier.com

« Que ce soit sur les multiples formes de la féminité, le mécanisme de la prophétie narrative, ou alors la temporalité si particulière des œuvres de Tintin, les réflexions développées dans cet ouvrage serviront autant au néophyte qu’à l’écrivain soucieux de nourrir sa technique et son style à l’aune des grands maîtres. »

Guénolé Boillot, Sanspapier.com, 27 février 2013

Libération

« Ce modèle d’exégèse tintinophile indépassable. »

Olivier Lamm, Libération, 18-19 juin 2016

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La Nouvelle Revue française

À l’automne 2016, l’espace consacré au 9e Art fut saturé par la thématique tintinophile entre la grande expo « Hergé » au Grand Palais (26 septembre 2016 au 17 janvier 2017), la célébration des 70 ans du Journal de Tintin et une nouvelle réédition d’albums accompagnés d’un travail éditorial conséquent. Dans ce cadre, la Nouvelle Revue française consacre pour la première fois une bonne partie du numéro de novembre 2016 à Tintin. Benoît Peeters, spécialiste d’Hergé, est interrogé par Michel Crépu à propos de cet auteur belge de bande dessinée principalement connu pour Les Aventures de Tintin.

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