L’édito

Le monde de l’édition est en pleine mutation. Le nombre de maisons indépendantes diminue dans un paysage économique qui impose concentrations et fusions. Les auteurs les plus en vue s’accommodent de la normalisation imposée par le marché culturel. Les livres se multiplient, mais les ouvrages singuliers ont de plus en plus de mal à se faire une place dans les médias et dans les librairies.

Que signifient, dans un tel contexte, l’existence et le projet des Impressions Nouvelles ?

Il ne suffit plus de publier de vrais livres qui cherchent à s’imposer dans la durée, ni de soutenir des écritures personnelles et des formes de pensée originales. Les Impressions Nouvelles le font depuis longtemps, avec des textes et des auteurs dont plusieurs ont fait date, de La Cage de Martin Vaughn-James à Miss.tic, femme de l’être de Christophe Genin, en passant par La Voix dans le débarras de Raymond Federman, L’éternité par les astres d’Auguste Blanqui et Ma guerre de Troie de Daniel Kammer.

Il faut surtout que ces choix résultent d’une certaine idée du livre. Éditer pour Les Impressions Nouvelles, c’est dépasser les frontières des genres établis et des sujets qui les prolongent mécaniquement. C’est construire des liens entre des ouvrages venus d’horizons différents. C’est inventer des objets spécifiques et soignés, adaptés à chacun des projets. C’est mettre en place de nouveaux réseaux pour atteindre de nouveaux lecteurs.

Seules les Impressions Nouvelles publient à la fois Principia semiotica. Aux sources du sens du Groupe µ – ouvrage monumental qui propose une nouvelle alliance entre sciences humaines et sciences de la vie – et les bandes dessinées d’Aurélia Aurita – jeune auteure qui réinvente l’autobiographie en bande dessinée. Mais aussi Ferran Adrià, l’art des mets de Jean-Paul Jouary – un beau livre où se rencontrent gastronomie et philosophie –, Une âme plus si noire. Lettres de prison d’Eric Lammers – autoportrait d’une ancienne figure du grand banditisme libérée par l’écriture – ou encore Un art en expansion. Dix chefs-d’œuvre de la bande dessinée moderne de Thierry Groensteen – un essai appelé à devenir une référence.

Créées en 1985 par trois amis (Benoît Peeters, Jan Baetens et Marc Avelot), Les Impressions Nouvelles ont publié aujourd’hui près de 300 livres. Avec un rythme de production d’une vingtaine d’ouvrages par an, la maison est devenue un acteur significatif du monde du livre francophone.

Loin des ghettos de la spécialisation, Les Impressions Nouvelles s’affirment comme un éditeur rigoureusement transgenres, dans un va-et-vient permanent entre défis de la forme et défis de la pensée.

 

Les Impressions Nouvelles bénéficient du soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles (www.promotiondeslettres.cfwb.be).

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Quatre axes principauxCinq grandes collections

Traverses

LITTÉRATURES D’AUJOURD’HUI
Romans, récits, fragments ou poèmes, les livres de cette collection poursuivent résolument l’exploration des chemins les moins balisés. Ils parient ainsi sur un renouveau qui est moins une question d’innovation à tout prix que de qualité littéraire, et celle-ci est à réinventer sans cesse.

Réflexions faites

PRATIQUE ET THÉORIE
La réflexion ne tue pas la création, elle la prépare, la renforce, la relance. Refusant les cloisonnements et les ghettos et se basant sur la conviction que la pratique et la théorie ont toujours besoin l’une de l’autre, cette collection est ouverte à tous les champs de la vie artistique et des sciences humaines.

Bâtons rompus

COMBATS ET CONTROVERSES
L’écriture peut se faire combat sans cesser d’être littéraire. Le débat peut être vif sans renoncer à l’exigence. La polémique est loin d’être toujours vaine. Et le temps qui passe ne lui ôte pas forcément sa pertinence. Cette collection rassemble des textes d’humeur ou les pièces d’une controverse, d’hier ou d’aujourd’hui.

For intérieur

ÉCRITURES AUTOBIOGRAPHIQUES
Cette collection explore le registre très singulier de l’écriture intime, de l’individuel et de l’universel, du personnel et de l’historique. Elle accueille des textes qui repoussent les frontières du genre : fragments d’une vie, autobiographie rêvée, confessions pudiques ou impudiques.

Caméras subjectives

ÉTUDES CINÉMATOGRAPHIQUES
Dirigée par Frédéric Sojcher et José Moure, deux enseignants-chercheurs en études cinématographiques à l’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne, elle se propose d’explorer diverses questions liées à l’art et à l’industrie du cinéma d’aujourd’hui, en donnant la parole aussi bien à des spécialistes qu’à des créateurs.