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Stabat Pater

Domaine(s) :
Collection :
ISBN : 978-2-87449-130-6
Format : 14.5 x 21 cm
Pagination : 192 pages
Prix : 17€
Parution : février 2012

Stabat Pater se passe pendant les années quatre-vingt-dix, qui sont le cadre d’un récit intimiste : celui d’un amour entre deux jeunes universitaires, Vasco et Grisélidis, aux origines culturelles et sociales différentes, et que vient troubler l’arrivée d’un troisième personnage.

Le récit fait aussi l’inventaire des relations entre Vasco et son père. Ce dernier a fait la Deuxième Guerre mondiale dans les rangs de l’armée italienne et est arrivé peu après en Belgique. Vasco semble tout ignorer de son passé.

Les sujets de l’incommunicabilité amoureuse et de la douce médiocrité postmoderne se renouvellent ici par des thèmes tels que la guerre, l’immigration italienne, les rapports entre les pères et les fils, entre l’Europe et l’Amérique, entre les classes sociales.

Le Carnet et les Instants

« Livre après livre, Rossano Rossi s’est construit un univers romanesque bien à lui qui mêle avec élégance la distance d’une écriture proche du Nouveau Roman à une forme de douceur pudique gagnée par l’humour. Vasco Neri est un jeune universitaire et il considère le monde de cette place, tout occupé encore aux jeux de l’esprit et à cette thèse qu’il prépare. Avec Grisélidis, il vit un amour total, fait de vénération et de fusion, dans une béatitude suffisante qui participe de ce douillet retrait du monde. Il entretient des manies qui donnent lieu à des prouesses dont il croit être le seul à comprendre vraiment la valeur : mesurer à l’oreille le nombre de wagons d’un train de marchandises qui scande son roulement de tambour dans le silence du soir, répéter à l’envi le geste parfait savamment calculé, errer dans la ville à la recherche de l’insolite. Avec la certitude d’être de facto l’homme de la situation dans cet univers petit bourgeois qu’il décrypte en pensant le maîtriser en même temps qu’il en savoure la quiétude.  Jusqu’à ce qu’au jour où le ridicule s’impose et brise le miroir complaisant. Car ce récit proche de l’immobile est bousculé par deux faits qui convient tout à la fois le passé et le présent. Grisélidis lui est ravie par un autre homme et lui fait découvrir le manque et la jalousie. Tandis que son père, immigré italien, approche de la mort et s’efface de jour en jour. De Neri le Vieil, le passé nous est livré dans une forme de journal daté qui fait la part belle aux années de guerre, à son combat mené comme ouvrier immigré, aux solides amitiés des hommes déracinés. Sans que ce récit second offre le gage d’une communication entre le père et le fils. Mais il offre un contraste total avec l’immobilité et la mollesse de Vasco, avec l’absence de sens de son existence maniérée. Quant à Grisélidis, conquise désormais par un certain  Phoenix, elle lui apparaît en compagnie du rival lors des visites qu’il continue de rendre dans la villa familiale. Et les calculs vont bon train quand les deux hommes apprennent la venue d’un enfant, que Vasco s’attribue sans hésiter même s’il mesure qu’il a perdu la belle et surtout ses illusions. Dans ce récit attachant, qui recèle quelques morceaux de bravoure dans la description des intérieurs et des rituels que Vasco affectionne, on approche le dépouillement des êtres et l’on frôle le moment précieux où ils pourraient se reconstruire en une métamorphose qui tarde à venir. »

Thierry Detienne, Le Carnet et les Instants, 27 février 2012

Culture ULG

« L’écrivain belge Rossano Rosi publie son cinquième roman : original, émouvant, drôle et captivant, Stabat Pater noue le triangle amoureux à la question du père. […] Il serait dommage de résumer intégralement ce roman captivant, construit sur une forme de suspense psychologique et amoureux. Un narrateur, dont l’identité ne sera dévoilée qu’en cours de récit, raconte la soirée au cours de laquelle Vasco Neri et sa compagne Grisélidis se rendent chez les parents de celle-ci pour leur annoncer un heureux événement. Le récit semble d’abord quelque peu satirique et drolatique, mais il tourne lentement au tragique avec l’apparition d’un second jeune homme, un Américain nommé Phoenix, qui a peut-être des raisons de revendiquer la paternité de l’enfant à venir… […] Des liens complexes se nouent entre les différents personnages, par exemple entre Vasco Neri et le père de Grisélidis, de sorte que le thème du triangle amoureux (Vasco/Grisélidis/Phoenix) se mêle naturellement, grâce à des associations purement narratives, avec celui de la filiation (plus particulièrement de la paternité : Vasco Neri et Vasco le Vieil, Grisélidis et son père, Vasco et l’enfant à naître). […] La profondeur du récit n’empêche pas Stabat Pater de demeurer étonnamment léger, sautillant, allègre. »

Laurent Demoulin, Culture ULG, mars 2012

Lire l’article complet sur le site de Culture ULG

L’Avenir

« Si vous voulez découvrir un livre assez inhabituel, par son ton et sa construction, lisez ce troisième roman d’un auteur belge notamment remarqué en 2008 avec Le Jeune Soir. Sur le quai de la Gare centrale de Bruxelles, Vasco Neri tombe amoureux d’une vision fugitive qui répond au prénom peu commun de Grisélidis. Et qui est à la fois l’une de ses étudiantes à la Faculté de Lettres et la fille de celui qui l’a encouragé à occuper ce poste. Lorsque le roman s’ouvre, nous sommes, fin 1992, chez les parents de la jeune fille à qui le couple est venu annoncer la Nouvelle, soit une naissance prochaine. Pourquoi Vasco est-il si mal à l’aise, perdu dans ses pensées, n’appréciant que modérément l’arrivée d’un personnage inattendu, un Américain nommé Phoenix ? Nous l’apprendrons au fil du récit. Un récit entrecoupé de souvenirs de guerre du père du héros, Neri le Vieil, qui vit avec son fils sans plus quitter son rocking-chair. Cette histoire dont Bruxelles est le cadre, racontée avec une grande liberté d’écriture, un certain humour aussi, rend compte du désarroi ressenti à l’entrée dans l’âge adulte face à l’amour, à l’avenir et au monde qui nous cerne. »

Michel Paquot, L’Avenir, 1er mars 2012

France Inter (La librairie francophone)

Déborah Damblon chronique chaleureusement le livre de Rossano Rosi dans l’émission d’Emmanuel Khérad, le 31 mars 2012.

Écouter l’émission sur le site de France Inter

Indications

« L’incommunicabilité entre le père et le fils, entre les amants, l’inadéquation au monde, aux aspirations, à l’insertion professionnelle rythment la narration. Une narration très resserrée et en cela très moderne, car on évite la matière d’une longue fresque romanesque (qui mêlerait aventures de guerre, amours compliquées, difficultés de l’ascension sociale ou de l’affirmation d’une identité) qui bascule dans les limbes d’un ouvrage n’en conservant qu’un parfum des échos. Au-delà du dense, du compact, du suggéré, la modernité tient aussi dans une multitude de jeux. Jeux entre l’espace et le temps. Leitmotiv du train aux relents freudiens (ce train qui joue un rôle crucial lors d’épisodes phares des vies du père et du fils). Jeux sur la langue, qui mêlent plusieurs niveaux. Depuis des phrases simples et directes, d’une fluidité parfaite, jusqu’à des envolées à la limite des normes syntaxiques (la fausse maladresse de l’adroit poète qu’est aussi Rossano !) Ou d’autres encore, glissades ampoulées vers le pastiche, pour correspondre à la fatuité des personnages, à leur manque de tranchant. Vocabulaire rare (“équanimité”, “châlit”, “fouillait”, “céladon”, “irrédentes”, etc.), titre en latin, subjonctif imparfait si délicieusement désuet, phrase étirée, architecturée. […] Une luxuriance de sensations littéraires, un bouquet. Qui entrechoque passé et présent jusque dans les références, la culture savante se conjuguant avec la contre-culture issue de la BD, de la télé, du cinéma (allusion à Tintin, Bob et Bobette, le Prisonnier, le cultissime la Maman et la Putain avec un Jean-Pierre Léaud aux allures de… Vasco !) C’est cela aussi, la modernité, aimer une chose et son contraire. Thèse, antithèse. Aimer une chose sans en être dupe. Se moquer de soi, construire avec méticulosité, sérieux une entité qu’on remet aussitôt en question. Modernité dans un monde où il est devenu malaisé de croire à une idéologie, une religion, un idéal. Un double mouvement. »

Philippe Remy-Wilkin, Indications n° 392, avril 2012

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Arte Belgique (50° Nord)

Sur le plateau d’Eric Russon, Barbara Abel parle de Stabat Pater, le 12 avril 2012.