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Chris Ware

La bande dessinée réinventée

Domaine(s) :
Collection :
ISBN : 978-2-87449-085-9
Format : 20 x 24 cm
Pagination : 160 pages
Prix : 22€
Parution : janvier 2010

Chris Ware est sans doute le plus important auteur de bande dessinée de ces dernières années, et pas seulement aux États-Unis, son pays de naissance et de résidence. L’enviable renommée qu’il a acquise en une décennie à peine repose sur une œuvre d’une inventivité exceptionnelle, tout entière dédiée à l’imprimé. On pourrait s’étonner d’un tel intérêt pour une technologie dont le futur paraît à certains bien menacé. Mais Chris Ware, héritier d’une tradition parmi les plus brillantes s’est dès ses débuts consacré à la pratique exigeante et formatrice du comic strip, encore et toujours tributaire de la presse. Ce n’est pas le moindre paradoxe d’un dessinateur qui, bien que moderne, voue une admiration immodérée à de lointains inventeurs de la bande dessinée comme Rodolphe Töpffer, Winsor McCay, George Herriman ou Frank King.

Ainsi, à une époque où nombre d’auteurs de comics rêvaient d’opter pour la forme plus personnelle et gratifiante du graphic novel, Ware faisait patiemment l’apprentissage de son médium dans les livraisons hebdomadaires de journaux de province, en donnant vie à des personnages plus loufoques les uns que les autres. Complexes et souvent muettes, ces pages empreintes de dérision et de nostalgie tournaient apparemment le dos aux tendances contemporaines. Mais, parallèlement, ce créateur opiniâtre entamait l’une des plus insolites aventures éditoriales de la bande dessinée, l’Acme Novelty Library. Sous cette appellation énigmatique, il amalgamait les « meilleurs » de ses strips à des morceaux de prose de son cru, moquant la publicité ou certains médias imprimés. Le tout était remonté et recomposé avec un soin maniaque dans des formats chaque fois plus inattendus, l’unité de l’ensemble ne reposant que sur la présence du label. Il ne fallut pourtant que peu d’années pour que le nom de cet artiste si désireux d’anonymat se mette à circuler dans les milieux de la bande dessinée alternative, un peu partout à travers le monde.

Petit à petit, un personnage plus consistant, et sans doute aussi plus proche de son auteur, est sorti de cette galerie de portraits. Diverses moutures de ses strips assemblées en un épais volume ont permis l’émergence d’une œuvre magistrale, Jimmy Corrigan – The Smartest Kid on Earth, publiée en 2000 par le prestigieux éditeur new-yorkais Pantheon, puis traduite dans de nombreux pays. Chris Ware a connu une célébrité aussi immédiate que méritée, avec cet extraordinaire album de 380 pages dont la facture, le contenu et la thématique ont projeté un parfum de radicale nouveauté dans le paysage de la bande dessinée. L’insistante mélancolie du timide Jimmy Corrigan, distillée dans de minuscules cases, prenait forme d’une manière si pénétrante que le langage de la bande dessinée paraissait s’en trouver d’un coup réinventé. D’autres personnages – tels Rusty Brown ou la jeune femme infirme des Building Stories – sont venus par la suite compléter l’univers de Ware, tandis qu’il mettait de côté la veine ouvertement parodique de ses débuts.

Cette première monographie en langue française présente plusieurs traversées d’une œuvre déjà imposante bien qu’encore en plein devenir. On y trouvera une bio-bibliographie aussi complète que possible, accompagnée de nombreux propos de l’auteur, puis la version intégrale d’un long entretien accordé en juillet 2003 pour le documentaire intitulé Chris Ware, un art de la mémoire (INA-Arte, 2004). Le discours de Ware constitue un mélange rare de modestie, d’intelligence, d’humour et de sincérité. Même si l’auteur s’excuse sans cesse de ne pas répondre comme il faudrait, il tient sur son propre travail et sur l’art de la bande dessinée un propos d’une extrême richesse.

Comme son ami Art Spiegelman, Chris Ware est un grand connaisseur de l’histoire de la bande dessinée, notamment américaine. L’amour du médium unit chez eux la mémoire et l’invention. Pour ces créateurs, la « défense et illustration » de la bande dessinée n’est ni un combat d’arrière-garde ni l’affaire des seuls critiques ou « spécialistes » ; c’est une bataille de première ligne en faveur d’un art trop souvent méconnu ou méprisé. Inédits en français, les quatre textes de Ware rassemblés dans ce volume en sont peut-être le plus convaincant témoignage.

La modernité de Ware ne se situe jamais là où on l’attendrait le plus. Sans trop faire de vagues, ses albums ouvrent à la bande dessinée l’expression romanesque d’un temps infinitésimal, plus intérieur qu’intime. Dans ses histoires, les sensations de la vie palpitent au gré d’une conscience sans grandeur ni petitesse, avec la complicité irremplaçable d’images dessinées quasiment comme des pictogrammes. C’est la formidable adéquation de cette nouvelle forme de récit avec le médium bande dessinée qu’explore, à la fin du livre, l’étude « Une célébration de la bande dessinée ».

Grâce à la complicité de Chris Ware, que nous tenons à remercier chaleureusement, le présent ouvrage est illustré de nombreux dessins et planches rares ou inédits. Le travail de la lettre est d’une telle importance dans son œuvre qu’il nous a semblé préférable de reproduire tous ces documents en version originale.

Mediapart

« Chris Ware est sans conteste le plus grand cartoonist américain vivant. Reconnu et méconnu tout ensemble, il pratique une bande dessinée d’un grand raffinement et d’une rare audace. Il est d’une certaine manière le Mallarmé de la bande dessinée tant est grande chez lui la recherche d’une ligne épurée. Ware est en tout cas un écrivain à part entière mais un écrivain graphique, dont l’art a beaucoup à faire avec l’architecture. Il était temps qu’un ouvrage en langue française lui soit consacré. C’est chose faite à présent grâce à Jacques Samson et Benoît Peeters. Plus qu’un livre, leur Chris Ware se présente en véritable dossier, avec biographie, bibliographie et interview de l’auteur. Le volume est par ailleurs somptueusement illustré. […] il est temps de faire connaître ce grand artiste au public francophone et le présent ouvrage s’y emploie avec bonheur. »

Jacques Dubois, Mediapart, 15 février 2010

Lire l’article complet sur le site de Mediapart

European Comic Art

« Beautifully produced by Les Impressions Nouvelles -the paper stock and image quality make this resemble a small coffee-table book at times, in stark contrast to the often grainy black and white scans found in the Kirby volume- Samson and Peeters have seemingly established as the goal here the task of lionizing the creator from Chicago. If they stop short of terming Ware the new “King of Comics”, they stop only ever so slightly. […] The heart of the book is Samson’s lengthy appreciation of Ware that concludes the volume. Samson is one of the world’s finest writers on comics, and this essay is no exception. What is fundamental is the way that he discusses Ware in entirely new ways, and in new contexts. »

Bart Beaty, European Comic Art (vol. 5, n° 1), printemps 2012

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Le journal de Montréal

« Historique, analyses, entretiens sont au menu. Une lecture qui nous permet de prendre la pleine mesure du génie de l’artiste. »

Jean-Dominic Leduc, Le journal de Montréal, 11 novembre 2012

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Libération

À l’occasion de la superbe exposition d’originaux de Chris Ware présentée à la galerie Martel (Paris Xe) du 15 mars au 27 avril 2013, le journal Libération fait mention du livre Chris Ware, un art de la mémoire de Jacques Samson et Benoît Peeters, qui est sans doute la meilleure introduction à cette œuvre majeure, le 31 mars 2013.

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